A toutes les victimes de la bêticide

A toutes les victimes de la bêticide

vendredi 6 octobre 2017

A mes Mères Bretonnes

Novembre c’est le mois du deuil chez les Bretons. Quoique pas tout le mois, et pas pour tous les Bretons. Juste ce qu’il faut pour fleurir les cimetières de leurs plus beaux ornements, si éphémères toutefois. Ma famille, enfin celle de ma mère, ne s’est pas embarrassée de ce détail. La tombe de mes grands-parents un jour s’est affaissée et ne s’est plus depuis redressée. Les services techniques de Santec ont du mettre bas la croix de granit qui ornait la tombe et qui risquait de se vautrer chez le voisin. Non mais imagine un peu la scène ! Le cimetière de Santec est l’endroit le plus propre que je connaisse. Pas une brindille dans l’allée centrale, les gravillons donnent l’impression d’être javellisés pour les garder blancs, et s’il le faut les gars du service technique viendront les changer. Contrairement aux autres cimetières, celui de la commune est toute l’année fleuri, et au besoin, si la tempête est trop forte, on y mettra des fleurs en plastique. Chaque rangée est alignée au couteau. Pas un corps doit dépasser : t’as vécu à l’école dans un rang, t’as fait ton service militaire dans un rang, t’as travaillé dans un champ pour aligner les oignons que tu plantais en rang, à l’église, pareil ! En rang. Et bien même mort tu finis dans un rang !
Ici le silence à un nom : inclinaison. Dans tous les sens du terme d’ailleurs. Quand tu longes le muret avant de rejoindre la salle des fêtes tu ne vois que des postérieurs en l’air. La tête vers le bas, les femmes grattent et nettoient. Et au milieu de ces morts endimanchés, mon pépé et ma mémé qui font des siennes. Ils ont du encore s’engueuler en breton et ça a tellement bardé qu’ils ont fini par faire s’écrouler le toit de leur dernière demeure.
Novembre n’était pas mon mois préféré pour passer quelques jours dans leur maison d’avant, lorsqu’ils étaient vivants. Plutôt l’été, avec les cousins et cousines, mais surtout seul quand les vacances de Pâques se pointaient. J’ai une tendresse profonde pour cette époque, pour mes grands parents, notamment pour ma mémé, Marie-Véronique.
Que dire d’elle ? Quels souvenirs je garde d’elle ? J’ai en premier le souvenir d’une femme généreuse. Et comment cela aurait-il pu être autrement pour une communiste ? Son affiliation n’avait rien de saugrenue dans ces années 50. A savoir quand même que Santec, enclave communiste depuis quelques générations, faisait figure de tâcheron rouge dans une région ancrée à droite avec une forte pratique religieuse. Donc ma grand-mère, Marie-Véronique, était communiste, et c’est la seule personne à qui j’ai trouvé aujourd’hui une raison valable de voter pour Georges Marchais,  lorsqu’elle me confia : « Tu sais mon garçon, je vote pour lui, parce que je le trouve beau ! ». J’avoue que mémé manquait certainement de discernement sur la beauté masculine. Sa télévision en noir et blanc, avec un écran qui élargissait le haut du crâne de Georges Marchais, ne favorisait pas chez moi un enthousiasme débordant, c’est comme-ci je me méfiais déjà des staliniens et des hommes politiques, en général.
Les conditions de vie n’étaient pas étrangères au fait que mes grands-parents, et leurs parents avant eux, votaient communiste. Pour la plupart, ils cumulaient les métiers de petits pêcheurs des côtes/agriculteurs, ou s’exiler sur St-Pol-de-Léon comme ouvrier agricole, dans un des dépôts de légumes qui fleurissaient autour de la gare, dans ces années d’après-guerre.
Après avoir quitté la Bretagne pendant quelques années pour s’installer en Normandie, mes grands-parents revinrent dans la fermette maternelle. Entre temps, le séjour en pays voisin ne fut pas des plus accueillants. Ma mère, qui est née à Tancarville,  me racontait que les Normands ne manquaient pas de leur faire rappeler qu’ils étaient des étrangers : « Allez-vous en sales Bretons ! Retournez chez vous ! Vous nous piquez notre travail ! ». J’en garde depuis cette révélation, un ressentiment tenace envers eux.
Divisée après le décès de ses parents, ma mémé hérita de l’aile gauche de la maison, alors que l’un de ses frères habitait la seconde moitié. Très vite un mur, construit par ce dernier, s’érigea pour séparer ces deux mondes. En effet, il était assez improbable que son frère épousa une « témoin de Jéhovah », qui le converti à sa prophétie (mais l’amour rend tellement borgne). J’aime autant te dire que les relations entre voisins n’étaient pas toujours aux beaux fixes.
L’espace de vie était spartiate et les sanitaires des plus sommaires. Mes grands-parents, avancée sociale française oblige, avaient opté pour des meubles en formica (en fait peu nombreux), comme beaucoup de leur génération et de leur niveau social. 3 pièces, sans compter la véranda, composaient la maison de mes vacances, dont 2 chambres non équipées de douches. Quant aux toilettes extérieures, une espèce de guérite faisait office de dépotoir et rassemblait une colonie de mouches, que mes cousins et moi, en été, prenions plaisir à éclater avec des élastiques contre la paroi. Le trou béant, qui servait d’urne à nos offrandes fécales, faisait l’objet d’une attention particulière de ma part, car je craignais parfois de tomber à l’intérieur et finir englouti dans ma propre merde, ou pire dans celle de mon prédécesseur, ce qui dans l’esprit d’un jeune garçon n’a rien de réjouissant. Pourtant ma mémé s’évertuait à lui donner un bel aspect à son chiot made in Breizh, sans fantaisies touristiques. Régulièrement, elle allait avec son seau, chercher du sable blanc, qu’elle récoltait sur la plage, toute proche. Ensuite, de façon méticuleuse, elle le répandait au pied du trône. Elle javellisait de façon régulière, à l’aide d’une brosse, ce cloaque de restes de repas, mélanges de pastis estival, agrémentés de barbecue merguez et de quelques maquereaux, et de choux verts et patates servis l’hiver. Souci du détail, un couvercle venait, tant bien que mal, emprisonner les odeurs refoulées par le ressac gazéifié. Ce qui m’a toujours d’ailleurs étonné c’est de la voir pisser, à l’extérieur, contre le mur qui la séparait de chez son frère. Etait-ce par provocation ou par simple habitude ? Soit dit en passant, ma mémé n’était pas la seule à réaliser cet exercice au grand air, périlleux si l’en ait ; le long de la ruelle qui descendait jusqu’au limite de la plage de « la Roche », une poignée de récalcitrantes s’évertuait à prendre position, dos aux murs, jupon relevé, le jet dans la bonne direction. Ce qui en soit n’était pas évident pour certaines d’entre-elles car je me souviens d’une qui portait des bas et ne s’embarrassait pas de savoir ce que devenait son urine. Autant te dire que l’on ne traînait pas lorsque l’on s’approchait du pas de sa maison ! Mais ce n’est pas pour autant que l’hygiène était absente chez les miens. Au contraire ! Faute de ballon d’eau chaude suffisant pour se laver, les grands-parents faisaient bouillir de l’eau et se cachaient entre la machine à laver et le lavabo pour se frotter très fort. Mes grands-parents auraient du servir d’exemple pour certaines dans le quartier de la Roche. Je me souviens de nos visites enfantines chez les voisines lors des fêtes de fin d’années. Ma mère nous accompagnait chez des grandes tantes, veuves ou vieilles filles, logeant dans une maisonnette à 2 ou 3 pièces, dont le plafond ne favorisait pas les grandes tailles. La première chose qui te frappe c’est l’odeur d’urine, embaumée par la chaleur du poêle à huile. Nous ne manquions pas de bravoure mon premier frère et moi, car nous savions qu’au bout de notre épreuve, une poignée de bonbons, voire une pièce de 10 francs nous attendait. « Alors, tu as quel âge ? 9 ans ? Mais tu es grand pour ton âge ! » (le même souci du compliment) « Et toi c’est Thierry ? Ah non ! David… Ah oui ! Tu es l’aîné alors ? » (le même souci de la mémoire).  Elles étaient vieilles nos grandes tantes, adorablement très vieilles. Emmitouflées dans un apparat noir corbeau, il y avait leurs sourires, où parfois s’échappaient quelques mots bretons. Les sourires parfois édentés, parfois surmontés d’une légère moustache, venaient rompre cet enfermement semi-obscur et étouffant. Il n’y avait guère que la coiffe « chokolodenn » pour donner une touche de clarté à leur quotidien.
Je n’ai jamais vu ma mémé avec une coiffe qu’elle avait remplacée par une vulgaire perruque. Celle-ci camouflait une superbe tignasse blanche, dont la longueur des cheveux a toujours sidéré les yeux du petit garçon que j’étais. Je ne sais pas, réflexion faite aujourd’hui, pourquoi elle dissimulait une telle crinière. D’ailleurs son habillage avec blouses à petites fleurs, tuniques uniques de sa garde-robe, sertissant un corps alourdi, peu flatteur de ce qu’elle fut plus jeune, accentuait une impression de résignation. L’acharnement à humilier et à abaisser les Bretons de cette époque, y est peut-être pour quelque-chose. Je prends pour simple exemple la langue bretonne. Un jour qui avoisinait mes 10 ans je demandais à ma grand-mère de m’apprendre le breton, puisqu’elle le parlait couramment : « Mais pour quoi faire ? », me répondit-elle. Bien-sur, comme le formica, on lui avait tanné que parler le français était une reconnaissance sociale évidente et qu’il fallait radicalement qu’elle se débarrasse de son langage de plouc ! «Une tare vous dis-je. Vous n’arriverez à mater ces gueux que par la rupture brutale que vous leur infligerez en les coupant de leur vie rurale de bouseux et à commencer par le breton ! Envoyez-les à la ville et vous en ferez des domestiques dociles et corvéables à merci», aurait-on pu entendre dans la bouche de n’importe quel administrateur de l’Etat français, qui à priori n’était pas qu’antisémite sous la 3ème République.
le kroasig-Plage de Santec-La Roche (photo du site "camp berbère")
Comme beaucoup de femmes de cette époque mémé trimbalait beaucoup de certitude quant à la façon de se soigner, ce qui impliquait qu’elle n’allait pas souvent chez le médecin, car on se méfiait tout de même de ce charlatan. J’en prends pour preuve le jour où, suite à une chute tout à fait bénigne, il fallut tous les sermons de ma mère pour la convaincre de  diagnostiquer pourquoi elle souffrait autant de la main, après quelques journées sans se soucier de soins, pourtant nécessaires à sa guérison. Résultat : fracture du poignet. Quelque chose de plus émouvant était la façon dont elle pensait se prodiguer des soins. Sur la portion de la plage, que nous appelons « La Roche », située entre la Staol à gauche et le Theven à droite, se trouve encore aujourd’hui un amas de rochers et de goémons que nous nommons le « Kroazig ». A l’avant, une cuvette, qui retient l’eau lorsque la mer fait sa marée basse, avec à l’arrière une boursouflure rocheuse, protectrice du vent. Y sont piégés crabes et crustacés, mais aussi du varech, qui d’après ma mémé avait un effet curatif : « Tu vois mon garçon, le fait de frotter mes jambes avec ce goémon facilite la circulation du sang ». Flac, flac, je l’ai souvent observée, là, penchée vers l’avant au milieu de l’étang, à saisir à pleine main une frange de verdure océanique, de l’autre main relever sa robe fleurette et frotter, frotter, devant, derrière, et encore devant. Flac, flac. Autour d’elle, le silence d’une mer éteinte, guère de vacarmes criards de mouettes affamées, si ce n’est le flac, flac du goémon, ni de touristes si mal fagotés, si peu nombreux, qu’ils ne faisaient pas le poids face à ce tableau « Gauguintesque ». J’ai respiré ce silence gargantuesque avec tant de vénération que j’en garde un souvenir d’allégeance à la Nature, inconsciemment surement mais si présent maintenantFlac, flac. Même les bateaux amarrés-là se sont mis sur leur flanc en signe d’escale et se sont abandonnés dans ce décor que seule ma grand-mère faisait vivre. Au loin, le Roc-Santec, si opulent d’ordinaire, faisait pâle figure face à un tel déchaînement de gestes marins, flac, flac, mille fois répétés par elle, flac, flac et avant elle sa mère, flac, flac et encore la mère de sa mère. Il existe quelque chose de plus solide que la pierre, de plus persistant que le temps qu’il fait, de plus patient que le faucon cendré, c’est la mémoire, « la mémoire et la mer » comme chante Ferré. Ma mémé en était la réincarnation, la preuve vivante de la lavandière. Elle animait ainsi une flopée d’années, où les femmes de mon pays, proues face au vent, courbées dans le décor d’un champ, d’un lavoir, d’une flaque de mer, que surmontait une coiffe blanche, exaltaient la survivance. Peu enclin à la plainte, elles survolaient leurs conditions et ne s’agenouillaient que pour mieux se relever. Novembre n’était pas leur mois préféré, quand il fallait rejoindre la capitale du Léon, par une route peu carrossable, sur une charrette d’ânée qui te chahutait le dos à chaque passage chaloupé par l’ornière, pour y vendre sur le marché, la récolte de l’instant, qu’elle soit de terre ou de mer ; les bigorneaux bigleux côtoyaient les carottes carotènes. Je rends hommage ici à leur Dignité, c’est une stèle granitique de Padrig Le Guen, que l’on aurait du ériger à leur mémoire. Je suis si fier d’incarner aujourd’hui ce qu’Elles furent, car je le vît et le vis. Je sens dans mon intérieur, ma main posée sur leurs mains, mon pas à talon de terre effaçant leurs pas de sabot à sable. Je sens leurs souffles d’embruns sur mes paupières grenat, aux lucarnes pigmentées de vert, héritages qu’Elles m’ont laissé afin d’être leur fenêtre ouverte sur notre Monde.
Mes Mères parfument encore ces lieux, où les ajoncs jaunes d’antan ont laissé place à une steppe cotonneuse et désertique « Trop dangereux, disaient-ils, le feu peut prendre en dedans». Qu’importe l’absence des draps blancs qui couvraient les landes ! Errance depuis des lustres de voiles sans navire. Ils n’anéantiront pas ma vision contemplative. Ils n’y arriveront pas ! A travers moi ce sont ELLES qui reviennent. Je leur laisse savourer l’instant, une poignée de temps. Revenir au Kroazig, chercher le goémon pour le champ, effrayer les mouettes en cri, savourer un brennig derrière la dune, réajuster sa coiffe quand le vent prend dedans, sentir le froid frissonné dans l’échine rabattue. Digérer la faim iodée, être happées par la brume, avaler sa congestion paralytique. Et puis, plus tard, ne retirer que les sabots et se baigner avec les blouses, par pudeur, sans se soucier de coquetteries. Rien ne doit m’être épargné, tant l’allégresse, tant la souffrance. Pour Elles je serai vainqueur des querelles citadelles et des batailles citadines. Pour Elles je lèverai le poing vers les étoiles. Pour Elles je braverai la Foi du dogme républicain.
Ha ni ‘z ey dre ma ‘z eyo, ya ni’z ey dre ma ‘z eyo. Mais ce n’est pas la peste d’Abernot qui nous rendra visite dans notre corps mourant. Je me joindrai à Mes Mères pour l’éternelle mémoire qui fait que nous restons vivants. A nous de l’entretenir et de la transmettre. Pour lors, Elles ne se souciaient pas de savoir qu’Elles allaient engendrer, plus tard et maintenant, un iconoclaste fantassin. Je peux d’ailleurs sentir aujourd’hui la lutte qu’engendre ce mot qu’est la mémoire. Il ne s’agit pas de saluer la nostalgie mais de s’interroger sur ce que l’on devient sans mémoires.
Je suis souvent au Kroasig, en vrai, ou par où mes songes m’emmènent. Pas pour y retrouver Marie-Véronique mais pour mes enfants. Je me mets à espérer qu’ils fassent les mêmes gestes, devant et derrière. Flac, flac. Et je nous imagine, entourés de Jonathan en goélands qui viendront saluer notre mémoire à tous et applaudir des deux ailes. Flac, flac.
Pour Marie-Véronique, la vie cesse tout bonnement l’hiver de 1985. Son mari François Le Gad, la retrouve, assise, la perruque dans les épluchures de patates. Elle vient de succomber à trop de cholestérol (ce maudit médecin). Arrêt cardiaque. Fatal. 
C’est la première fois que je vois une morte. Allongée sur son radeau blanc, les mains enlacées, elle a les yeux clos de trop de sommeil éternel. C’est comme-ci on la surprenait dans la sieste qu’elle s’offrait au jour le jour, dans sa minuscule véranda. Mais dorénavant il n’y a guère de réveil possible. Les adultes ont pris soin de retirer les deux seaux de pisse qui trouvaient leur place au pied du lit, et qui évitaient pour les grands parents l’aventure d’une nuit glaciale ou pluvieuse. Ils lui ont aussi enlevée cette fichue perruque. J’aurais du m’attarder sur ces cheveux longs, blancs. Je ne l’ai pas fait. Pas encore prêt. Incapable de dénicher la survivance. pas encore en âge surement. Je ne fus pas avisé de lui prendre la main pour le passage et lui poser de petits galets sur les yeux. Mais aujourd’hui je peux enfin rétablir la scène.

Survie
Telles des laminaires sableuses, ses cheveux s’éveillent dans l’éclat de quelques bougies posées, ça et là, et s’étalent en formant un corail de rêverie. Déjà des coquillages diurnes ont pris place dans le tableau. Ils se faufilent dans ce tumulte de ressac blanc. Ne pas être vus est leur frénésie. La nuit tout autour est leur alliée. Il n’en ait pas un qui doit connaître leur vécu car ils sont là pour les âmes. Le bateau attend, à l’orée du kroasig. Le clapot est le signal de départ sur une marée descendante. 
Marie-Véronique n’est pas seule à partir vers les îles de l’au-delà. C’est bien, elle n’aura pas peur. Je sais qu’elle s’est retournée une dernière fois pour voir s’éloigner le récif. Tout étonnée d’avoir retrouvé sa jeunesse d’autrefois, elle se détend et cesse de s’agripper à sa foutue perruque. Elle sourit, et d’un geste de pêcheur, la jette par-dessus bord. Dans quelques miles Roc-Santec ne sera plus qu’un souvenir.



samedi 23 septembre 2017

Dépotoir sauvage : allons au casse-pipe

Fréquemment soupçonnée d'exagérer l'état d'insalubrité dans laquelle se trouve la commune de Plougastel-Daoulas, l'association A Quoi Ca Serre démontre, une fois de plus, que cette commune est bien une décharge à ciel ouvert avec ce nouvel exemple : le dépotoir sauvage sur une ancienne ICPE (installation classée pour la protection de l'environnement).
Située à l'entrée du bourg de Plougastel-Daoulas, à quelques encablures de la 4 voies qui mène à Brest, aux abords de la voie romaine, l'ancienne casse a un tout autre visage aujourd'hui.
En lieu et place de l'empilement de voitures hors courses, s'amoncellent, dans l'indifférence générale, des tas de gravats en lien avec des chantiers du bâtiment et d'autres déchets encombrants. Qu'est ce qui pourrait venir décourager ces individus, dépourvus de scrupules, d'utiliser cette zone inerte comme  dépotoir ? Rien. Strictement rien. Au contraire, les milliers de m2 de surface de la casse et les pans de mur des locaux, encore debout, offrent une aire de stockage idéale pour entasser, dans une relative discrétion, les quelques m3 déversés par la benne d'une fourgonnette. D'ailleurs, l'accès à la friche est facilité par l'absence de clôture. Personne n'a trouvé opportun de placer un panneau d'interdiction de pénétrer. 
Alors que les ouvertures de casses sont soumises à la réglementation environnementale en lien avec le statut d'ICPE , tout au plus, on sait que lors d'une liquidation judiciaire,dans le cas ici présent depuis 2015 (http://www.procedurecollective.fr/fr/liquidation-judiciaire/1089427/eurl-plougastel-casse-jb-vourch.aspx), le liquidateur, désigné par un jugement du tribunal de commerce, doit remplir ses obligations au titre de l’article R. 512-39-1 du code de l’environnement. En l'occurrence, dans ce cas précis (voir photos), les obligations de remise en état du site n'ont pas été suivies d'effets définitifs (article L. 512-17 du Code de l’Environnement), incitant donc les gestes d'incivilité. Comme le mandat du liquidateur judiciaire prend fin à la date de la clôture liquidation, on peut se poser la question de savoir qui prend le relai dans le cas d'une procédure incomplète. Il est fort à parier que, si des pressions administratives (Etat, préfecture, commune) ne s’exercent pas, les responsabilités vont se diluer et faire, de cette ancienne installation, une décharge sauvage, accessible à tous. AQCS pourrait faire preuve de mansuétude vis à vis du maire de la commune, sensé garantir la salubrité publique et la sécurité d'autrui, s'il parvenait à interroger le liquidateur, dans les temps impartis aux obligations de dépollution du site.
Mais les multiples sollicitations d'AQCS auprès de la mairie, restées volontairement sans accusés de réception, font penser qu'une nouvelle fois, le maire ne sera pas à la hauteur de sa fonction. La décharge est une charge bien trop insignifiante pour un élu local, bien trop encombrante pour la reconnaissance sociale que procure la fonction de premier magistrat.


samedi 16 septembre 2017

"T'es cap ou pas Cap ?". Lanceurs d'alerte - Municipalités

Message adressé à des Plougastels. Appel à la mobilisation générale

En 2013, avec une dizaine de personnes, nous avions tenté, sans succès, de présenter un collectif pour les élections municipales de 2014, nommé "cap à gauche". 4 ans plus tard, le constat est doublement amer: la gauche est délitée et divisée et les "macronistes" locaux se mobilisent pour élire un suppôt de Richard Ferrand. 
Je ne reviendrai pas sur l'échec des représentants de la gauche lors des dernières municipales qui se sont éparpillés et affrontés sur 2 listes, entraînant, à la fois la réélection de Dominique Cap, mais surtout, l'affaiblissement des valeurs portées par cette seule gauche et qui fait de nos actions, des piliers pour plus de justice sociale et moins de dérives libérales (voir l'élection à la présidence d'un financier). 
Je ne prétends pas et je n'ai jamais prétendu avoir toutes les solutions pour favoriser l'émergence d'une pratique politique, hors des courants, juste, indépendante et désintéressée sur Plougastel. Je pense avant tout que la gestion communale peut être le foyer expérimental de nouvelles pratiques citoyennes, au plus près des habitants et avec les habitants, être un contre poids au Système et donc au pouvoir qui corrompt des objectifs initialement vertueux. 
Seulement voilà, si on ne retient que le sujet de l'assainissement sur Plougastel, il est vite conclu que, pour beaucoup, la solution de l'assainissement écologique peut rester dans les cartons. Or cet exemple illustre parfaitement l'absence de sobriété dans les dépenses (coût futur de l'émissaire pour la station d'épuration, inefficacité épinglée par l'Autorité environnementale), et de transparence dans les recettes (principe d'une taxe pour le pollueur-payeur, surtout si il est industriel). Il est temps de construire des actes encore réversibles, bénéfiques pour une communauté, autant dans son environnement proche que dans les autres aspects du quotidien.
Bousculer les idées reçues ? Voilà qui devrait vous plaire ? Ca va déplaire ? Tant mieux si ça provoque des réactions.
Il y a une dizaine d'années (j'étais alors président de l'APE de l'école de goarem gozh), l'élue en charge des affaires scolaires m'avait fait comprendre qu'il était impossible de généraliser le bio dans les menus des cantines scolaires. Je ne pensais pas, une décade plus tard, observer un phénomène de régression : le rationnement des aliments. C'est quoi l'argument avancé ? Restriction budgétaire, lutte contre le gaspillage alimentaire ? Non,  il s'agirait de combattre l'obésité... Les portions se limiteraient à 1 ou 2 radis en fonction de l'âge... Le cynisme nous pousserait à dire que le radis est un légume responsable du surpoids, certainement bio; en mettre davantage dans l'assiette coûterait trop cher !
Alors qu'ailleurs le bio fait recette, le cynisme ne serait-il pas plutôt de favoriser l'approvisionnement d'une entreprise agro-industrielle bien connue sur la commune ? Pour le coup, la proximité est un atout pour fournir de la merde à nos enfants et améliorer l'image commerciale de la boîte en question.... Je suis bien placé aujourd'hui pour vous annoncer que cette société, anonyme dans mon propos, somme ses adhérents de se mettre en conformité avec de meilleures pratiques environnementales, obligatoires, grâce à l'action d'A Quoi Ca Serre. Trop de mauvaise publicité pourrait nuire à une image, trop lisse et trop rondelette comme une tomate !
Je ne m'éloigne pas du sujet de départ, les élections municipales. Sincèrement, la désignation des têtes de liste relève d'une mystification, sommairement entretenue par des réunions de travail en commissions au sein d'"Ensemble à gauche". L'hypocrisie va jusqu'à nous faire croire que leur représentant sera désigné par ces pairs dans un grand étalement démocratique. Fumisterie. Je propose de mon côté, par exemple, que la tête de liste soit tirée au chapeau, parmi ceux et celles qui se verraient bien en haut de l'affiche ! On peut bien imaginer qu'une poignée de volontaires se sacrifie pour une telle fonction : premier magistrat ! Je n'y vois que des vertus homéopathiques contre la personnalisation de la vie politique et cela permettrait de se concentrer avant tout sur le programme, puisque la question de la représentativité serait déjà comprise et acceptée (cette règle pourrait être également reproduite pour BMO).
Bousculer les pratiques démocratiques, voilà qui devrait vous plaire ? Animation tournante du conseil municipal, mandat réduit dans le temps, rôle et place de l'opposition dans l'exécutif et les commissions, démocratie directe et numérique... Mais je suis certain que vous fourmillez d'idées sur le sujet.
Délégation, coopération, autogestion,... Ces mots n'auraient-ils plus de sens à trop vouloir laisser ces responsabilités à d'autres qui n'en feront pas un bon usage ? Ou qui les renieraient, jugés trop subversifs ? Qu'avons-nous à perdre ? Un peu plus de nous-mêmes ? Un peu plus et toujours plus de résignation et de découragement ? 
A titre personnel, et à l'heure actuelle, je n'exige aucunement que vous vous manifestiez pour organiser une fronde constructive (mais faites-le si ça vous parle). Par contre je vous connais à titre individuel et je pense pouvoir dire que nous nous sommes jamais manqués de respect et que chaque rencontre a toujours été un moment que je qualifierai d'amical. Je pense aussi que vous avez de quoi alimenter les débats, et activer des solutions concrètes.
Je vous propose donc, dans un premier temps de vous greffer à cette démarche, sans rendre forcément publique votre association, mais me permettre, quand même, d'annoncer, à travers un collectif "T'es cap ou pas Cap ?", que la fatalité n'est pas dans nos gènes. Qu'avons-nous donc à perdre à tenter le coup ? Soyons des lanceurs d'alerte pour le social, l'écologie et la culture et affirmons notre droit à la différence !
Je n'ai pas voulu être trop long mais je suis déjà trop long (sans évoquer les modes de transport, le littoral, le sport, l'économie sociale et solidaire locale, la gestion territoriale et l'habitat, la langue bretonne, l'alimentation, le tourisme vert et durable, l'agriculture bio, les services municipaux, ...).
Je serai franc avec vous, je considère que par définition la nature humaine est un problème. Si nous essayons d'agir dans le bon sens, je ne suis pas sur que de notre vivant nous voyons une modification profonde de cette nature. Mais à vouloir essayer nous aurions été en accord avec nous-mêmes.
 

lundi 11 septembre 2017

Victimes des pesticides de Nutrea-Triskalia : boycott des cotis' agricoles



Depuis plusieurs années, les victimes de l'usage illicite de pesticides dans les entrepôts de Nutrea-Triskalia (Plouisy - 22) se battent sur différents fronts juridiques afin que leur infection irréversible et handicapante soit reconnue comme maladie professionnelle (voir article du Télégramme ci-dessous). Si les décisions des cours se succèdent, rallongeant d'autant la durée des procédures, en imputer la faute à la caisse des cotisations agricoles, la MSA, ne relève pas de la diffamation. 

Comment alors accepter que ces salariés, cotisants à la MSA, soient considérés comme des présumés malades, déjà relégués à la marge par la faute de leur ancien employeur ? Ces salariés, qui ont tout au long de leur carrière professionnelle honoré leurs cotisations à la MSA, ne mérite-il pas plus de considérations, notamment par ceux et celles qui évoluent dans le monde agricole ? 

Il existe un moyen de pression, qui relève de la solidarité de la filière agricole, c'est la désobéissance sociale par le boycott du paiement des cotisations à la MSA. Je me propose d'être à l'initiative de cet appel à la désobéissance afin de créer par la suite un collectif informel, tissé sur l'ensemble de la Bretagne B5. 

Dans un premier temps, vous pouvez faire comme moi et adresser un courrier (voir un modèle ci-dessous) à votre caisse pour réclamer réparations auprès de ceux qui ne devraient pas souffrir de notre absence de mobilisation. 

Puis, si nous sommes suffisamment regroupés, nous pourrions alors envisager, en étroite collaboration avec les collectifs de militants et les syndicats de soutien, faire connaître physiquement notre désapprobation auprès de la MSA.





Note explicative
Le principe du boycott des cotisations ne remet pas en cause leur règlement. L'appel préconise de les provisionner en attendant une réaction favorable de la MSA et réclamer par la suite l'annulation des pénalités de retards. 
Les anciens salariés de Nutréa-Triskalia ne sont pas à l'origine de cet appel. Ils n'ont accordé aucune autorisation à sa rédaction, sa diffusion, ni à l'organisation d'un collectif.

Contact : David Derrien - 09 52 38 19 21 - disentus@gmail.com

Pourquoi je lance cet appel ?
En plus de relayer régulièrement l'actualité média des personnes concernées, je leur ai apporté, dès le départ de leur appel à une justice équitable, mon soutien lors des marches contre Monsanto, dont je suis à l'initiative (Guingamp 2015 et Carhaix 2016), avec le souci premier d'exposer leur engagement. Le mien prend cette nouvelle forme.


Manif de Guingamp - Mai 2014
Manif de Carhaix - Mai 2015
 

J'ai invité, avec l'aimable collaboration de Solidaires et d'AE2D, des salariés intoxiqués à venir témoigner sur Brest. (Octobre 2014)



 
Ci-dessous une lettre type à envoyer à la MSA. Merci de m'adresser une copie pour recensement.



mercredi 30 août 2017

Permaculture. Et si on parlait de la fraise ?

Préambule. Le sujet de cet article n'a aucune valeur agronomique. Les observations émises ne reflètent qu'une réalité sommairement établie, en l'absence d'outils de mesure et d'un cahier des charges subordonné à la culture de fraise sur butte, dûment constatée par des techniciens, issus d'instances de l'agriculture biologique. Toutefois, je retiendrai l'option "d'innovation agro-écologique" pour qualifier ce système dans un territoire qui a trop tendance à associer "innovation" à "technologie agro-industrielle". 


Le Jardin Baroque de Lindouar. Le Dreff à Plougastel-Daoulas

Ce préambule me semblait nécessaire afin d'écarter toute tentative de ma part de transgresser aux bonnes règles certifiées conformes et de me louer une réussite personnifiée, somme toute exagérée dans l'immédiat, quoique confinée inconsciemment dans les cerveaux de ceux qui liront ce qui suit et qui n'auront pas d'autres convulsions que de me suspecter d'écolocentrisme : comme bon leur vaille, je ne veux pas rivaliser avec leur discernement infaillible.
Si j'évoque le sujet c'est qu'il m'apparaît impertinent, dans un contexte local (Plougastel-Daoulas), de soumettre tout essai de culture de la fraise dans de la terre, sans tunnel, ni bâche plastique, ni "jardin suspendu", moins élogieusement qualifié de hors-sol. Serait-ce une offense alors que de ne pas se soumettre activement à la culture de fraise sur une commune qui a bien profité de sa réputation, et qui vire à la confusion mentale pour tous ceux qui vous estampillent de son exotisme ?
Je me contenterai de développer une méthode reconnue par ailleurs, glanée dans le dédale d'informations sur la permaculture. Je suppose qu'il est néanmoins utile de souligner que j'ai tenté de m'approcher au plus près de dispositions philosophiques de la permaculture : peu ou pas de moyens mécaniques, utilisation en priorité des éléments végétaux présents sur  place, compenser la destruction du milieu (passage du motoculteur), favoriser la biodiversité, sans omettre le bannissement de produits phytosanitaires,...
La butte
Ce qui est chouette avec la butte, c'est qu'elle fait débat. Je ne sais pas s'il existe de véritables détracteurs, mais elle présente quelques avantages à la conversation, en plus de ceux de l'exploitation. Tout d'abord le sous-bassement. J'ai étalé sur une largeur de 1m/1m20 et une longueur de 5 à 6 m, d'immenses cartons, vierges d'imprimé, de bandes collantes et d’agrafes. J'ai privilégié cette matière car j'avais observé que le ver de terre, au nombre de crottes, adorait sa cellulose. Or j'apprenais, entre-temps, que le carton d'emballage pouvait contenir des substances chimiques. La réflexion du départ partait d'un bon sentiment : puisque je détruis un milieu bien complexe, je compense par un renouvellement régénératif, même sommaire. A l'avenir donc, je retirai de ma liste ce matériau. Je n'ai pas fait le choix de creuser une tranchée car le terrain présente l'inconvénient d'être fortement compacté. Là encore j'ai tenu compte d'un principe de base de la permaculture : ménage ton physique et consulte ton cerveau. 
Puis j'ai entassé, dans le sens de la longueur, de longs troncs d'arbres, pourrissant partiellement ou totalement sur la parcelle. J'ai complété ce sous bassement par des branches mais surtout par les mottes de terre, dégagées par le travail du motoculteur, que j’enfonçais dans les intervalles. J'avais bien noté que ce milieu devait se retrouver, dans un pourcentage très élevé, démuni d'oxygène (milieu anaérobique). Je constituais ainsi une sorte de chape végétale.
Ensuite, j'ai appliqué la méthode dite "en lasagne". J'ai commencé par du fumier bio de bovin, du goémon présent sur la grève toute proche, et au choix tonte/feuille, copeaux de bois, mélange décomposé de fougère/morceaux de bois/.... J'ai renouvelé une seconde fois l'opération pour obtenir une hauteur oscillante entre 35 et 40 cm. L'une des principales raisons invoquée pour expliquer la disparition progressive de la culture de la fraise en pleine terre repose sur la sollicitation physique qu'imposait une récolte éprouvante. Avec la butte je ne devrais pas être épouvanté par un tel désagrément.
Toutefois, au terme d’innombrables efforts, flattant la résistance de mon physique à le mettre à l'épreuve de la rudesse du climat automnal  breton, j'obtins 5 buttes assez homogènes dans leur aspect. Sauf que l'hiver, censeur hystérique, imposerait sa virilité vélique à ces ouvrages composés de matière volatile. J'utilisais encore une fois mon cerveau pour conclure qu'il fallait enterrer ces merveilleux promontoires sous une cloche de mottes de terre. Ce que je fis prestement. Les buttes protégés, je pouvais patienter jusqu'au début du printemps suivant pour intervenir à nouveau.
Profitant de cette pause méritée, me laissant le temps de contempler mes tumulus, j'observais que la partie du sol longeant le talus, s'avérait plus meuble. Dès lors que la promesse du retour du printemps s'affirmait dans les contours de mars, j'entrepris de récupérer la terre végétale disponible à proximité et l'imposer à la butte, surélevée d'autant de centimètres que m'offrait l'extraction initiale. Un sondage récent, par un forage manuel à des points différents sur les buttes, m'indiquait que l'altération des éléments végétaux se poursuivait (voir photo ci-contre).
La fraise et consorts
Pris par le temps et la recherche longtemps infructueuse d'un producteur de fraisiers, je me décidais en dernier ressort pour la variété appelée "Charlotte". Là encore, la mise en pratique de la permaculture est respectée. Car, en effet, la durée d'exploitation de la variété devrait se prolonger de 2 à 3 ans. Les espacements sur le rang et entre les rangs me permettent d'aligner  des cressonnettes et des oignons et ainsi faire figurer en bonne place le principe de cultures associées. Pourtant, mes premières observations ne se focalisent pas sur les 150 plants de fraisier qui croissent à leur rythme. Il s'agit plutôt de remarquer, avec une pointe de satisfaction, que la cressonnette, repiquée sur les buttes, présente 2 à 3 semaines de croissance d'avance que sa congénère plantée sur une planche potagère. Je ne m'explique pas cet écart. Est-ce que l'élévation du support influencerait leur croissance ? Des forces vitales, voire des phénomènes d'attractions, seraient-elles, secrètement, en œuvre ? En tout cas la récolte des légumes fut satisfaisante. En minimisant l'appétit vorace des limaces, parfois de façon radicale, ce qui présente un bémol à la notion du "non intervenir", insultant ma bienveillance, j'ose entrevoir une récolte encourageante pour la fin de l'été. Je précise bien : récolte et non rendement. Les opérations de rempotage des stolons est en cours et me permettra de développer la production.
Les à-côtés
La seconde observation est d'ordre plus décomposable. A tour de rôle, et sur plusieurs mois, se succède sur les buttes une série de champignons. Un copain de passage, curieux de longue date de leurs effets sur leur environnement, soulage mes interrogations en m'indiquant que leur présence est un "bon signe". 
Par contre le paillage "paille" n'a pas été déterminant. Du fait d'un désherbage régulier du liseron et de la renoncule, les brins de paille n'ont pas résisté à l'assaut de mes griffes. Reste à préciser que la rangée de consoude (plante mellifère), délibérément glissée entre les buttes, a attiré un certain nombre de pollinisateurs qui aujourd'hui profitent des fleurs des fraisiers.
Dans une méditation toute récente, j’entrevoyais un cercle vertueux, où chaque élément vivant déployé garantit au suivant une raison de se dédier, en toute sérénité, à son existence prolifique, sans perturbation, chimique, mécanique ou qu'elle soit sous forme de plastique. Alors, à vrai dire, la culture de fraise dans de la terre devrait-elle être vouée au patrimoine local ?

(Une prochaine étape consistera à solliciter de vaillants bâtisseurs pour un chantier participatif autour de la création de nouvelles buttes, courant octobre).

dimanche 30 juillet 2017

Y a de quoi ce marais ! Nav

L'Eveil des lucioles

Suite à la dégradation de matériel professionnel (cuves pour récupération de pluie percées) au Jardin Baroque de Lindouar (Plougastel-Daoulas), l'association Parallèle Prod prépare les rendez-vous de "l'Eveil des lucioles". 
Il s'agit de veiller au champ, muni de bougies, durant les nuits du 04, 05 et 06 août. 
Sur inscription et places limitées jusqu'à 10 personnes par soirée (possibilité de nuit tournante). 
Emplacement possible pour des tentes. 
Venir accompagné d'instruments de musique, de bougies et de nourriture. 
Renseignements et inscription à : disentus@gmail.com 


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Cuves percées. Didier, gérant de l'épicerie fine "day by day" de Brest (hall st louis) m'a remis 6 bidons de 30 L afin de m'apporter son aide et de répondre concrètement à l'acte de vandalisme. Le contenu des bidons est d'origine végétale, écocertifié et avec des colorants naturels. ils seront bien utilisés pour la récupération d'eau de pluie.

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