Saveol nature et l'envers du décor

Saveol nature et l'envers du décor

mardi 17 avril 2018

Y a de quoi ce marais ! Unnek


Scribes d'humeur partiellement publiés dans la revue d'Eau et Rivières de Bretagne, avril 2018



Bernard Poignant, ancien maire de Quimper




Déchanter
Le passage de la tempête nommée « Carmen » a provoqué de nombreux dégâts, à l’exemple du littoral de Gâvres (Ouest-France, 03/01/18). C’est en effet la seconde fois qu’un pan entier de béton s’est désolidarisé de l’ouvrage, sensé renforcer la protection de la digue. Au rythme où va la succession des tempêtes hivernales en Bretagne, il y aura encore de quoi déchanter.

Déchanter bis
Dans les terres aussi, « Carmen » a soufflé fort près de Pont-Aven, au point d’emporter trois poulaillers, dont un qui a fini sa course sur la RN165, au niveau de Quimperlé (Le Télégramme, 03/01/18). « Au total, nous avions 6800 volailles. Seules 900 d’entre-elles ont été épargnées », raconte l’éleveuse. Sort funeste d’une batterie de cantatrices subissant le même sort que l’héroïne de l’opéra de Bizet.

Débêtir
Un agriculteur de Lanvellec a été condamné par le Tribunal de Guingamp pour maltraitance animale (le Télégramme, 14/01/18). Les agents de la Préfecture évoquent une situation exceptionnelle avec plus de 70 bêtes maltraitées, décharnées, décédées faute de nourriture. Il lui a été interdit de détenir tout animal et devra s’acquitter d’une amende de 500 euro. Au regard de la situation psychique de l’agriculture, c’est un moindre mal pour le débêtir.

Forts
L’abandon du projet d’aéroport de NDDL a suscité de nombreuses réactions (Ouest-France, 19/01/18). Dans le Finistère, les acteurs économiques n’ont pas contesté la décision du gouvernement. Avec un bémol par la déclaration de l’ancien maire de Quimper, Bernard Poignant : « Dans une démocratie, force doit rester la loi ». Dommage que la République doive se passer d’hommes forts comme Mr Poignant, si vite contraint à l’inutilité.

Des fois
La Préfecture de Morbihan a ordonné l’abattage de 25000 canards suite à la détection d’un virus pathogène dans trois foyers différents (06/02/18). « Il est dit pathogène car il ne déclenche pas de symptômes », précise un vétérinaire. « Les causes de ces foyers sont difficiles à déterminer », explique de bonne fois le Préfet qui a demandé le confinement des palmipèdes, dès fois que des canards ne finissent à la fois confit et en filet. Foi de Préfet, ça n’arrivera pas !

Mauvaise pub
Rennes Métropole a décidé il y a un an l’installation de panneaux publicitaires numériques en remplacement des panneaux classiques avec du papier et mobilisant du personnel (Ouest-France, 05/02/18). Un collectif de Résistance à l’Agression Publicitaire a tenu à faire connaître, lors de rassemblements, son désaccord, avec le slogan : « Cet écran consomme plus que votre foyer ». C’est une bien mauvaise pub faite à la sobriété énergétique, en effet.

Grillées
Le Marché du porc breton à Plérin subit une nouvelle crise des cotations (Ouest-France, 02/02/2018).  Les enseignes Leclerc et Intermarché ont bien tenté d’enrayer la chute des cours mais les grands opérateurs, comme Cooperl, leurs sont rentrés dans le lard et ont refusé de suivre la cotation de Plérin, référence nationale pour le prix du cochon. Décidément Plérin n’a plus la côte et comme le cochon, les enseignes se sont faits grillées la politesse.

En substance
La Baie de Paimpol a été interdite à la pêche aux coquillages en février dernier par le Préfet du département (Le Télégramme, 05/02/18). En cause, le dysfonctionnement des stations d’épuration de plusieurs communes. Déjà en 2016 Eau et rivières de Bretagne avait saisi le Tribunal pour « déversement de substances ». Le terme convient pour parler de quelque chose en gros. Sans rentrer dans le détail c’est excrément délicat comme sujet à manipuler.

Coucou !
Afin de mettre la pression sur les orientations issues des Etats Généraux de l’Alimentation, les jeunes agriculteurs et leurs aînés de la Fnsea ont lancé des opérations de blocages, de contrôle des prix et de déversement de déchets, comme à Ploudaniel devant le siège d’Even (Ouest-France, 07/02/18). Des plaques d’amiante ont été repérées. Afin de laisser la responsabilité à d’autres, ces agriculteurs agissent comme une espèce parasite.

Egal
Sandrine Le Feur, députée LREM du Finistère, a été nommée responsable du texte de la loi EGAlim sur l’agriculture et l’alimentation (Le Télégramme, 16/02/18). « C’est un projet pour une alimentation saine et durable », dit-elle. L’étiquetage des produits est une priorité. « Imaginez une application qui indiquerait si des pesticides sont autorisés ou non en France ». Donc on saura s'il y a des pesticides interdits sur des produits sains que l'on commercialise… Ca doit lui être égal de faire de telles déclarations.

Pas responsable
Le Tribunal administratif de Rennes a condamné l’Etat pour « carence dans la prévention et la lutte contre les algues vertes » (Ouest-France, 16/02/18). Il devra verser plus de 500 000 euro à l’Armor Saint-Brieuc Agglomération. En 2014, l’Etat avait déjà accepté de payer l’équivalent de cette somme, en échange de quoi, la collectivité retirait son recours. Condamné mais pas responsable, on a connu ça dans d’autres dossiers puants.

En Vrac
Le Préfet du Finistère prenait la décision en mars d’interdire la pêche récréative et commerciale de tous les coquillages sur la zone de l’Aber Wrac’h (Ouest-France, 03/03/2018). Il était également recommandé de se rapprocher de son médecin en cas de troubles digestifs.
Les bretonnants plus prudents, savent que Wrac’h signifie en « Vrac », et s’aventurent moins sur ces plages.

Des pains
Un apiculteur du Morbihan s’est fait lamentablement agressé par deux individus, surpris à piller ses ruches (Ouest-France, 04/03/2018). « Ces personnes recherchent des reines » Expliquent la gendarmerie. « 61 ruches ont été détruites sur 220 au total », souligne la victime qui a lancé un appel à dons pour trouver des fonds, « Je donnerai du pain d’épices ou un pot de miel ». En matière de pains, cet apiculteur s’y connaît, surtout dans la gueule.

lundi 9 avril 2018

C'est la butte finale ! Permaculture à lindouar

Le Jardin baroque de lindouar - An dre - Plougastell-Daoulaz

Je vous propose de découvrir les différentes étapes de la réalisation de buttes en permaculture, selon la méthode en lasagne adaptée au milieu et en fonction de mes connaissances.

Entre le début des travaux en octobre 2017 et l'ultime phase en avril 2018, les vers de terre se sont multipliés dans ce fatras de matière en décomposition.





Principalement du bois en décomposition posé directement sur le sol

Atelier copeaux de bois

Enfouissement des mottes de terre entre les branches


Ici on aperçoit différentes couches : fumier, goémons, copeaux, tonte/feuilles

Retour à l'ouvrage en avril. Couverture de la butte avec un reste de compost et de la terre végétale

Repiquage des fraisiers terminé
Broyat de Miscanthus giganteus

Pourquoi ne pas enfouir le sous bassement avec le bois ? Terrain compact (malgré les adventices, je recherche une terre plus meuble le long des talus). la butte est rehaussée d'autant et donc un maintien physique prolongé. Au besoin, rajouter du compost, du mulch à la fin des cycles de production des fraisiers pour compenser la décomposition des matières organiques.

Le miscanthus présenterait plusieurs avantages : paillage, contient de la silice (capteur de lumière et donc de chaleur), abrasif pour les limaces, ralentit l'invasion des adventices et présente une décomposition longue.









dimanche 1 avril 2018

Kervenal, les expressions de la discorde

"Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit". Proverbe africain. 
Je me suis posé la question de savoir par quel biais je pouvais traiter la situation de l'élargissement du chemin de kervenal à Plougastel-Daoulas, chemin qui cristallise les tensions entre les défenseurs de l'environnement et les pourfendeurs du développement borgne de l'économie, et ceci depuis la fin 2015. 
Le chemin de Kervenal
Chemin faisant, j'ai fini par choisir le pittoresque à travers les innombrables expressions comprenant le mot "chemin". Il me paraît évident que je me mets au service de ceux que l'on qualifie de "sentinelles de l'environnement", au premier rang duquel je me trouve, pour disqualifier ces malheureux natifs, frustrés, voire coléreux de constater que des écolos "salafistes" (propos entendus), au premier rang duquel je me trouve une nouvelle fois, leur ont piqué la vedette et viennent perturber la quiétude de leur bon droit. Droit du sol que pourtant le maire de la commune, Dominique Cap, leur accorde, en dépit du droit environnemental qui devrait surseoir le droit du sol. Ces règles environnementales bafouées allègrement dans le plus grand mépris par celui-là même qui en est le garant. 
Et puisque je cite Dominique Cap, commençons par lui : "L'orgueilleux aimera mieux se perdre que de demander son chemin" (Charles Churchill). En tant que chef de file, Dominique Cap compte de nombreux compagnons de route sur ce point. Il n'y a qu'à voir l'allure altière de ces valeureux partisans de l'élargissement du chemin ainsi alignés pour la photo parue dans la presse locale (voir ci-dessous).
le maire affirmait alors (dès le début 2016) que les travaux d'élargissement étaient devenus la priorité number one de BMO, compte tenu de la dangerosité du chemin. “Pour aller où tu ne sais pas, prends le chemin que tu ne connais pas.” (Julien Delacroix). Or il apparaît à la lecture des rapports de gendarmerie, qu'aucun accident est à déplorer sur cette portion de voie. “Vous cherchez le bonheur, pauvres fous ? Passez votre chemin : le bonheur n'est nulle part.” (Louise Michel). Ce qui en soit expliquerait la frustration de ces messieurs : la quête du bonheur barrée net par des escargots de Quimper, protégés par la loi ! Forcément, ils ne devaient pas savoir que “L'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.” (Paulo Coelho). 
Dès lors, le porteur de projet, qui n'est autre que Brest Métropole Océane, s'est trouvé dans le devoir de soumettre un recours à la destruction de zones humides, avec obligation de compensation, devant le SAGE Elorn. Or l'examen du dossier soumis à consultation est révélateur puisque aucun élément irréfutable n'a été présenté. Au contraire, et de façon étonnante, la seule argumentation a été l'existence d'une pétition, dont le texte n'a pas été communiqué. Brest Métropole se contente d'extraits d'articles de journaux (voir ci-dessous) qui d'ailleurs détaillent la façon dont les signatures ont été obtenues en bloquant les usagers du chemin de Kervénal. Brest Métropole surenchérit en décrétant d'ailleurs que les « extraits de la presse locale illustrent les besoins exprimés par les usagers ». Comme norme juridique, c'est loin d'être recevable. “La droiture humaine n'est pas le chemin le plus court pour arriver au but.” (Stanislaw Jercy Lec)


A l'instar de BMO, la municipalité a fait preuve de complaisance en gonflant délibérément les chiffres du trafic routier, arguant dès lors le principe de l'intérêt général, cherchant surement à écourter les délais pour le début des travaux et se passer de mesures environnementales. “Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme.” (Saint Augustin)
Dans son bon droit, BMO a fini par déposer auprès de la Préfecture du Finistère une demande de dérogation pour destruction d'espèces protégées. Sans grande surprise, le Préfet a donné un avis favorable à cette dérogation par un arrêté publié en janvier 2018. Sur la mise en œuvre et au vu de la façon dont les choses ont précédé cet arrêté, l'association "A quoi ça serre" que je préside, exprime de fortes craintes sur le respect des mesures prévues par le préfet. Les articles posent question dans leur réalisation effective. En effet le Préfet agit comme s'il n'avait pas tenu compte du fait qu'initialement Brest Métropole et Plougastel-Daoulas ont totalement méprisé les règles de droit. Si de nouvelles règles sont édictées sans s'assurer qu'elles seront appliquées, quelle est leur portée si aucun contrôle n'est prévu ? “L'homme cherche à oublier où le chemin conduit. ” ( Héraclite)
"A quoi ça serre" a donc finalement déposé un recours hiérarchique auprès du ministère de l'écologie pour demander purement et simplement l'abandon des travaux d'élargissement du chemin de kervenal, car rien ne viendrait justifier sa disparition et surtout pas pour le bon vouloir de quelques serristes, agacés, qui utilisent quelques gros matériel roulant. Ne pourrait-on pas, comme en présage, les prévenir que “Tout chemin aboutit au même point : la désillusion.” (Oscar Wilde)


lundi 26 mars 2018

Quand un Peron se place sur des Marches

Environnement à Plougastel. Encore un élu qui s'auto congratule et s'octroie des mérites injustifiés. Et pendant ce temps, une poignée de citoyens se mobilise au détriment, parfois de leur intégrité physique, sacrifiant leur confort social pour obtenir des "résultats tangibles". A bon entendeur Mr Peron.

Aucun texte alternatif disponible.

jeudi 15 mars 2018

L'Elorn, le bras de décharge des serres

Découvrez dans cette vidéo comment les producteurs de tomates gèrent les eaux pluviales de leurs serres avec des bassins de rétention inadaptés.
Chaque année, c'est plusieurs milliers de m3 d'eau qui dévalent dans l'Elorn, considérée comme une zone naturelle, présumée protégée d'activités agro-industrielles. 

Des analyses de cette eau ont révélé des résidus de fongicide utilisé pour la désinfection des serres (mais aussi de nitrate et de phosphate). Il a été répondu que ce n'était que des résidus. A voir les quantités d'eau déversées, il est effectivement difficile de se prononcer sur la concentration de produits phytosanitaires concernés, mais l'on peut déjà s'interroger sur l'usage de ces produits chimiques qui se retrouvent dans un estran naturel (on peut s'étonner aussi que cette zone ne soit pas prise en compte dans les plans de lutte "algue verte" alors que sa présence a été observée à maintes fois et parfois avec une forte densité). 


Précision, ces phénomènes de rejets d'eau pluviale se manifestent toute l'année, période estivale comprise. D'après un témoin que je cite : "Tous les jours de l'été entre 13h et 14h il y une augmentation du débit d'une eau claire. Je pense à un délestage. Lors de pluies importantes le débit est grandement augmenté comme sur la vidéo. Les gouttières des serres ne se déversent pas dans le bassin, mais directement dans une source. J'ai suivi les canalisations".



limite des communes de Loperhet-Plougastel,
séparées par un ruisseau. Août 2017


L'Elorn


Vidéo d'A quoi ça serre. Août 2017. Secteur St Jean - Plougastel-Daoulas

samedi 3 mars 2018

Enfin du bio chez Saveol !

Après plus de 5 ans d'une longue bataille juridique, la Commission européenne a finalement donné gain de cause à la coopérative finistérienne, Saveol, pour le lancement de sa nouvelle gamme de tomates bio, hors-sol. Un aboutissement, somme toute mérité, au regard des enjeux économiques sur de nouveaux marchés porteurs.
Le nouveau président de Saveol, Martin Mangetoux, ne cachait pas sa satisfaction à l'annonce de cette décision. "C'est le fruit d'un long processus de fond. Nous avions déjà présenté des garanties de sécurité avec notre gamme de tomates "sans pesticides". Ce qui nous a permis de franchir cette nouvelle étape vers l'accessibilité du bio pour tous. Les instances européennes n'ont fait que répondre à la demande du consommateur". Le succès de la production de la tomate "sans pesticides" avait posé les bases des premières recherches vers de nouveaux équipements technologiques hors normes, comme l'usine de compostage de la zone industrielle du Costour à Guipavas. 
Le compost naturel
Ce chantier, voulu par l'équipe dirigeante de l'époque, et à sa tête l'ancien président, Pierre-Yves Jestin, garantissait aux producteurs engagés dans la démarche "sans pesticides" de valoriser la production importante de photosynthèse (tige, feuille, racine). "Il faut reconnaître que ce compost naturel nous a libéré de contraintes liées à l'utilisation d'un substrat compliqué à recycler, reconnaît Martin Mangetoux, cette unité de recyclage de la matière organique nous a garanti cette évolution vers le bio". 
"Partager le gâteau"
Non sans mal d'ailleurs, à voir le nombre de détracteurs, regroupés au sein de l'association "Bioterre". "C'est la bio qu'on enterre avec cette décision", fustigeait son représentant, Antony Verger. "Un fruit ou un légume doit être produit, en lien avec la terre. La production bio hors-sol et confinée est artificielle. Cette décision de la commission européenne ne va évidemment pas dans le bon sens", dénonçait-t-il également, en précisant toutefois que d'autres recours seraient déposés. Martin Mangetoux, pourtant attaqué, parfois même violemment par des "intégristes écolo" comme il les appelle, comprend cette opposition. "Pendant longtemps la bio a été réservée à des petits producteurs. Je peux comprendre que ce soit difficile de partager le gâteau. Maintenant l'Europe a fait un choix, ils doivent le respecter". 
La "Rondelette"
La Rondelette bio, en essai dans les serres de Plougastel-Daoulas
Côté chiffre, Saveol prévoit de lancer sa première gamme de tomate bio, la "Rondelette", dès l'hiver prochain. Avec près d'une vingtaine d'adhérents engagé sur un cahier des charges plus strict, près de 80 ha de serres seront consacrés à sa production. Saveol pourra déjà fournir le nouveau réseau des magasins spécialisés bio de Leclerc en Bretagne, en plus du réseau classique de la Grande distribution. 
Démocratisation
"On vient de franchir un grand pas vers la démocratisation du bio pour tous, explique Martin Mangetoux. Nous les industriels, nous sommes devenus le relais indispensable d'une société en mal de confiance, surtout dans l'alimentation", concluait-il avec le sourire. Effectivement, à voir le nombre de politiques assiégés le stand de Saveol, lors du dernier salon de l'Agriculture, les industriels de l'agro-alimentaire sont devenus incontournables pour "garantir une assise de paix sociale", selon les élus bretons venus à Paris et, avec à la tête de la délégation, le maire de la commune de Plougastel-Daoulas, Dominique Cap.

Frédéric Lanfre
Le Télégramme, édition du 10 mars 2025



N.B. : Saveol est conseillée en communication par Rivacom, filiale du Télégramme 

Empreinte écologique, en voie d'immersion

Ceci n'est pas une résolution mais une nécessité. Face à mes propres défis de subsistance je me suis même posé la question de savoir comment tirer profit de ma précarité, souhaitée ou pas, j'ai essayé d'en savoir un peu plus sur ce que représentait ma dette écologique vis à vis de la Planète-Terre.
Il faut bien s'ancrer pour ne pas chuter
Mon profil, loin des critères établis par une société basée sur le dogme de la croissance infinie, du soutien à la consommation, des prêts à taux réduits, d'une dépendance à la finance, d'une vénération au travail, bénéficie tout de même, à minima, d'une solidarité sous la forme d'allocations sociales que, par ailleurs, je trouve légitime du fait de mon engagement pour l'intérêt général. J'ai l'opportunité également de pouvoir m'appuyer sur la générosité de connaissances pour des petits emprunts ponctuels (qu'il me reste à rembourser évidemment). Je peux également faire appel à du financement participatif pour monter mes projets (le spectacle de l'Abeillaud par exemple, merci, merci). Enfin, ma nouvelle activité agro-écologique commence à générer une centaine d'euro de marges brutes par mois (ce qui a terme devrait me sortir des allocations. C'est aussi un objectif). Ce qui n'empêche pas, par ailleurs, des rapports conflictuels et tendus avec : la banque, la mutuelle, le fournisseur d'électricité. L'essentiel réside dans ma capacité de résilience et d'affronter mon quotidien, où de plus en plus je succombe à la lenteur, non pas par paresse mais par obligation. Vous comprendrez, je pense, qu'il m'est inconcevable d'entendre que je fais partie des 10 % de la population mondiale privilégiée par son mode de vie !
Donc, le calcul de mon empreinte écologique montre que, ma situation professionnelle, la responsabilité familiale et l'ensemble de mes choix énergétique, alimentaire, vestimentaire, de transport, de logement, de gestion des déchets, de système d'échange (SEL de Plougastel), ne font pas subir à la nature un caractère nuisible à son renouvellement et tout bonnement à sa préservation. 
Concernant l'éventail des sondages proposés sur votre empreinte écologique, il faut bien choisir le modèle que l'on vous propose. Certains sites sont très mal inspirés. Je pense notamment à celui où, quoi qu'il arrive, l'usage du transport aérien n'échappe plus à la règle commune et où la consommation même minime de viandes vous culpabilise. En fonction de la nature des questions, vous serez surpris de voir que vous pouvez passer du simple au double par rapport au nombre de planètes accumulées.
Concrètement, voici brossée de façon succincte ma configuration écologique :
- diminution de mes déplacements en voiture (trajet à pied pour aller sur mon lieu de travail qui est le champ quand le temps le permet). Je n'emprunte pas l'avion.
- Alimentation locale, bio (achat de fruits et légumes déstockés), voire de certains aliments bio-industriels en fin de dlc. Très peu de viandes (1 à 2 x par semaine) issues d'élevages locaux, rarement de la charcuterie. Je précise que je ne suis plus fan de foie gras ni de la viande de veaux ou d'agneaux. Mais socialement il est toujours difficile de refuser une assiette chez une connaissance. Ce que je ne me permets pas de faire encore aujourd'hui.
- 65 m2 de logement social, chauffés par une chaudière à bois collective (très peu de chauffage d'ailleurs, puisque je suis au rez de chaussée et que le local pour le distributeur de chaleur est sous mes pieds). Malheureusement je ne connais pas l'origine du bois consommé ni son essence. Eclairage tamisé et fluorescent. J'ai encore des efforts à faire pour la consommation d'eau, notamment la chasse d'eau. Je prévois de fabriquer un chiot sec. Usager Enercoop avec un abonnement à 3 kwatt. Cuisson tout électrique (plus de gaz). L'usage quotidien et régulier de l'ordinateur reste un bémol.
- Peu de vêtements neufs ou sinon artisanaux, le plus souvent acquisition au secours pop'.
- La gestion des déchets. Je crois que j'ai 6 à 7 contenants pour la répartition de mes déchets. les déchets verts vont au compost pour le champ. J'ai un carton pour : le plastique ( c'est un sac de 30 L tous les 15 jours / 3 semaines), le bouchon en liège, le verre, les capsules et bouchons en métal, les emballages en carton, les piles. Le papier A4 fait double usage (hormis pour les wc). 
- L'activité professionnelle, telle que je l'envisage en permaculture, doit épouser les principes éthiques de base d'une véritable sobriété, inspirée de la nature. Il est concevable, à terme, de se prononcer sur l'effet bénéfique d'une telle activité, dégageant en quelque sorte un bonus écologique, m'éloignant davantage du gouffre de la prédation environnementale. Et par voie de conséquence, tous ceux et celles qui participeront à l'évolution de son système commercial, profiteront à leur tour de ce bonus.
- L'activité militante. J'ai fait le choix volontaire de me préoccuper avant tout, du sort réservé à mon environnement proche. Concrètement, la dénonciation de cas de pollutions, quelle qu'en soit l'origine, finit par être efficace (je ne vais pas énumérer ici des cas concrets). Je peux en sus m'attribuer une "prime à l'efficacité".
Volontairement je n'aborde pas l'aspect "bien être" (abandon du sport sur blessure). Je ne néglige évidemment pas les répercussions qu'entraîne une vie dépourvue des formes d'hostilité ou d'auto-destruction (médicalisée, alcoolisée,...) sur les forces naturelles. C'est une longue évolution qui ne se réalise pas sur une seule génération car cet aspect se formalise aussi dans la connaissance. Mon capital sensitif et spirituel réside dans une introspection pacifique : faire le moins de mal à autrui, qu'il soit animal ou végétal. Se préserver des jugements à l'emporte-pièce mais savoir aussi se protéger de comportements intrusifs,... Ne jamais manquer d'empathie et d'affection, mais surtout et avant tout, ne pas être avare de l'amour que l'on porte à ses proches.
Je peux donc souligner en ce début 2018 que ce n'est pas une vue d'esprit d'affirmer qu'il est possible de s'affranchir de règles sociétales préjudiciables à l'environnement, même si, dans bien des cas, face à la pression, il est inconfortable de le vivre, notamment quand il s'agit de protection de l'environnement. Bien entendu, et il va s'en dire que les efforts à réaliser doivent être une règle commune accompagnée d'une gestion réfléchie et collective. Je pense toutefois, que par définition, la nature humaine est un problème. Si on parvient toujours à identifier des initiatives heureuses, c'est que la grande majorité des sociétés se fichent, volontairement ou pas, du sort des insectes et des oiseaux. Combien sont prêts à sacrifier leur modèle social pour réduire la fracture environnementale, ou en tout cas pour enrayer son traumatisme ? Peu, je le crains.