A toutes les victimes de la bêticide

A toutes les victimes de la bêticide

samedi 27 mai 2017

Installation en permaculture

 Actualisation le 27 mai 2017


Je recherche un/une partenaire pour une installation en permaculture sur le Finistère (Plougastel Daoulas), au Jardin Baroque de Lindouar. Priorité à l'entente fraternelle, la confiance réciproque, le respect du sol et du vivant

Personne rigoureuse, enthousiaste et autonome. Projet autogéré qui tendrait à terme vers l'autonomie, avec en filigrane la notion de résistance au saccage perpétré par l'activité agro-industrielle sur Plougastel (plus de précisions en off).

Mise à ma disposition, sous forme de droit d'usage, avec deux propriétaires (accord de gratuité sur 9 ans, renouvelable par tacite reconduction) d'un 1 ha de terre, en friche depuis 15-20 ans. Le principe de propriété est exclus. Plusieurs essences d'arbres dont la présence de pommiers et d'un arbre remarquable, le cormier. Possibilité à moyen terme d'exploiter plus de 2 ha. Mention "Nature et Progrès" obtenue. Applications des principes de la biodynamie.

Qualification acquise (ou en cours d'acquisition) pour entreprendre la conduite de productions végétales  (responsable d'exploitation agricole, maraîchage biologique). Expérience facultative. Fortement apprécié si DJA obtenue ou en cours d'obtention. Choix commun du modèle à mettre en place à partir de pratiques appréciées ailleurs en permaculture (en cours de réflexion). Prévoir un apport personnel minima aux fonds propres.
  
Statut juridique  : je suis moi-même en entreprise individuelle agricole, pour l'instant cotisant solidaire.

Estimation des besoins humains : 1,5 Unité de Travail Annuel fixée au départ (dont 0.5 UTA à ma charge)

Revenus distribués en fonction de l'investissement de départ, du temps passé à quatre pattes, de la répartition des tâches (production/gestion) : tous ces points restent à préciser.

Possibilité d'hébergement dans les premiers temps, à déterminer (visites des enfants). Pas de loyer à payer mais participation aux charges (nourriture,...).

Démarrage des chantiers de défrichement : été 2016 (8000 m2 déjà défrichés). Travaux de préparation du sol et élaboration des techniques de culture réalisés (exemple : butte). Mise en place des premières cultures réalisées (fèves, fraises, oignons, bettes, épinards, pdt, pois, courgettes, poivrons, tomates, carottes, radis, salades,...) sans oublier les fleurs. Utilisation du breton pour nommer les plantes. Implijet eo ar brezhoneg da lakaat da wel anvioù al legumaj

Prospection pour les débouchés : juin 2017. Paniers pour les particuliers (déjà une dizaine de personnes intéressées) et restaurateurs. Usage de la monnaie locale (heol) envisagé.

Choix en conscience de ne pas produire des hybrides.

Prévisionnel système viable : 2 à 3 ans 

Mes diplômes : BTA généraliste, BTS technico-commercial option : produits carnés, BEPA adulte conduite d'élevage ovin.

Possibilité d'une aide de la région Bretagne pour les + de 40 ans, titulaire d'un BTA et installé(e) à titre principal(e)

Points à régler : accès à l'eau (en place 2 cuves de 1000 L chacune, implantation d'un tunnel, animaux,...), demande d'autorisation d'installation d'une cabane de 20 m2 en cours,...

Contact : 09 52 38 21 19 ou disentus@gmail.com

David Derrien ou dédé l'Abeillaud


Avant


Après










jeudi 4 mai 2017

L’image contient peut-être : texte Défection pour une déjection démocratique
Mes derniers positionnements sur le second tour des élections présidentielles méritent peut-être quelques précisions sur mon histoire sociale qui ressemble de près à tout ce "petit peuple laborieux" et oubliés qui votera massivement pour Marine Le Pen.
Je suis affilié à des générations de travailleurs/petits paysans côtiers du Léon. Les plus proches de mes ancêtres santécois ont basculé dans le communisme au coeur d'un pays de culs bénis. Je ne connais pas leurs motivations. Ce que je sais c'est que leur lutte sociale se concrétisait bruyamment et principalement dans des altercations alcoolisées avec les culs serrés de la commune. Ma mère a baigné dans cette ambiance généreuse et, à son tour, a fréquenté des communistes de sa génération (je pense notamment au célèbre peintre navigateur Yvon Le Corre qui recherchait chez ma mère bien autre chose qu'un échange politique). Mais très vite le rôle de mère a supplanté celui de militante politique. 
D'aussi loin que je me souvienne mon père a toujours été sympathisant socialiste. Je comprends davantage les positions de mon père qui s'apparentaient plus à de l'intérêt particulier tout en affirmant faire déjà assez pour l'intérêt général. Chez nous, les Enarques et les hauts fonctionnaires, on ne les cotoient pas. Chez nous, si on fréquente un notable c'est parce que ma mère est femme de ménage. Chez nous quand on croise le patron c'est sur un chantier. 
Coincés dans des HLM ruraux, ces habitants ne connaissent pas l'ascenseur social. Les financiers publics préfèrent installer des escaliers. De toute façon les ouvriers connaissent la pénibilité au travail, un effort supplémentaire ne leur coûtera rien. L'effort social justement est une notion viscéralement présente dans cette classe inférieure. Je n'ai jamais entendu dans la bouche de mes parents les mots de progrès ou d'ascenseur social. Seuls les combats d'autrefois, assurent à la famille des prestations sociales. Moi, je sens déjà la discrimination sociale dans les regards et dans les attitudes élargissant la fissure des classes sociales. 
Comme tout bon parent, mon père aimerait sortir de l'ornière sociale son fils aîné (moi ) et le doter d'un bagage intellectuel. Le dico qu'il m'offre à l'âge de 9 ans m'aidera à plonger dans l'apnée de lectures abondantes, m'expulsera du socialisme français pour m'orienter vers le choix d'une vie : La Bretagne. Mes oncles et tantes aussi, de plus en plus, s'éloignent du socialisme devenu libéral et j'entends dans leurs propos revenir plus souvent le nom de Jean-Marie Le Pen. 
Pour sortir de week-end ennuyeux, les voyages dans les livres sont des lignes régulières. Ils m’emmèneront dans d'autres espaces, à la rencontre d'autres personnages. Est-ce à dire que c'est Kafka, Maupassant, Zola, Grall, Robin, ou Dostoievski qui m'ont sauvé de la noyade sociale et m'ont désorienté du dépit facile et de plus en plus prégnant de faire du FN un allié nationaliste, un ami blanc et un parent protecteur ? Certainement. 
En tout cas ce long apprentissage social, intellectuel et politique (oscillant entre l'autonomie, le vivre ensemble, l'anticapitalisme et l'autogestion) m'a aidé dans mes réflexions d'aujourd'hui sans renier d'où je viens et certainement pas ce que je suis devenu notamment sur mes engagements contre le Front National : il est certes agaçant de se faire rappeler à l'ordre par les biens pensants (flirtant avec la manœuvre politicienne) quand  après les élections on se comptera encore sur les doigts pour se mobiliser contre le FN dans des rassemblements. On s'en prendra encore plein la gueule parce que trop extrême, trop anti faf, trop hors système. On se fera menacer et insulter pendant que tous ceux qui ont voté pour Macron et qui nous rappellent à l'ordre, retourneront dans leurs pantoufles en continuant à nous accuser d'être des agités : quand on veut évacuer les eaux usées et alerter sur leurs désagréments sanitaires, il faut le faire tout au long de l'année et pas uniquement pendant un temps électoral.
Je ne rejoindrai donc pas les bataillons des déshérités du peuple qui croient trouver la sécurité dans les bras de Marine Le Pen. C'est une chance. Je ne rejoindrai pas non plus le cortège des déshérités de gauche pour voter Emmanuel Macron. C'est mon choix social car il n'y a aucune moralité dans leur marqueur politique et économique.
Merci à tous ces écrivains, à tous ces résistants et militants libres de m'avoir sorti partiellement des griffes de l'ignorance.

vendredi 21 avril 2017

Y'a de quoi ce marais ! Nav

Scribes d'humeur, partiellement publiés dans la revue d'Avril 2017 d'Eau et rivières de Bretagne. Rubrique : l'écho des marais.


Feu vert
Après avoir subi, depuis juillet 2016, 3 incendies volontaires sur les véhicules de l’association, Bretagne Vivante doit déplorer la nouvelle destruction d’une voiture de fonction (Le télégramme, 06/12/16). Agir pour l’environnement c’est la porte ouverte à tout type d’agressions et le feu vert à la banalisation des actes délictueux tant que les auteurs de ces forfaits ne seront pas appréhendés.

En vase clos
Le procureur de la République de St-Brieuc envisagerait de classer sans suite le dossier du joggeur, retrouvé mort dans la vasière du Gouesnant en septembre 2016 (Ouest-France, 13/12/16). Il estime en effet qu’il n’y a pas de lien de causalité entre la décomposition toxique des algues vertes et le décès, alors que le secteur présente de sérieux risques pour la santé en cas de contact avec la vase. Vivre en vase clos rend les déclarations suffocantes ?

Homophones
Les orientations du nouveau Schéma directeur régional des exploitations agricoles inquiètent les acteurs de l’agriculture durable (Le Télégramme, 13/12/16). « Nous ne cautionnons pas ses priorités qui privilégient les restructurations au détriment des installations », disent-ils. Les décisions finales des Safers font le bonheur des plus grosses exploitations. Les affaires sont les Safers.

Ça cocotte
Durant le mois de septembre dernier, l’inspection du travail a contrôlé 10 exploitations qui employaient des saisonniers pour la récolte du coco paimpolais (Ouest-France, 24/12/16). Plusieurs irrégularités ont été relevées notamment la quantité maximale de cocos que doit récolter un cueilleur et l’insalubrité de logements.  Travailler dans ces conditions, ça pue, ça cocotte.

Coquille vide
Des contrôles ont épinglé des marins-pêcheurs de la rade de Brest concernant la récolte de la coquille (Le Télégramme, 24/12/16). Pour contester la nouvelle règlementation qui limite la pêche à 250 kg par marée, certains armements ont « oublié » de débarquer l’intégralité de la pêche. La vente à la criée n’a pas pu se faire faute de prix correct. Moralité : esquiver c’est se retrouver sans activité.

Sale mine
Plusieurs communes du centre Bretagne se sont associées pour s’opposer au projet minier de Silfiac, mené par Variscan (Ouest-France, 07/01/17). Dans les Monts d’Arrée, c’est la commune de Loperec qui se mobilise contre les projets de recherches d’extraction d’or par deux compagnies minières (Le Télégramme, 06/01/17). Face à l’opposition croissante des Bretons, les dirigeants de ces compagnies doivent avoir la sale mine. 

Pop corn
Grâce aux révélations de Solidaires et du collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, plus de 25000 T de maïs ont été bloquées au port de Brest  (Le télégramme, 10/01/17). La cause ? Un surdosage dangereux de la phosphine, pesticide gazeux utilisé pendant le transport en bateau. La marchandise appartient à Cobrena, filiale de Triskalia. Après le drone aéroporté, Triskalia innove dans le pop corn pour bétail. A s’en éclater la panse !

Pas très écolo
Les sénateurs se sont prononcés pour un assouplissement de la loi littoral en autorisant la construction dans les « dents creuses » (Le Télégramme, 15/01/17). En Bretagne, l’incompréhension est massive, au point où certains rêveraient de méthodes à la Corse. Utiliser le plastique et le plomb, ce n’est pas très écolo. Et puis le bâton de dynamite ce n’est pas ce qui réussi le mieux aux Bretons.

Ensablé
Lors de son passage en Bretagne, pour un meeting à Quimper, Emmanuel Macron a déclaré ne pas « avoir autorisé l’extraction de sable en baie de Lannion » (Ouest-France, 17/01/17). Le décret, accordant la concession d’exploitation à la CAN, a pourtant été signé par l’ex-ministre. Macron est bien en marche pour faire de la politique politicienne. Il finira très vite ensablé. C’est bien plus difficile pour avancer.

Guet-happen
Durant l’été 2015 les agriculteurs sont dans la rue et ciblent la grande distribution (Ouest-France, le 17/01/17). Un agriculteur d’Auray comparait en janvier pour dégradation d’un magasin par un moyen dangereux. Mais aucune partie civile à l’audience. « Un accord est passé entre Leclerc et la Fnsea dans notre dos, déplore le Procureur, et il n’y a plus de plainte ». Le président conclut à un guet-apens syndical. Le prévenu, relaxé, peut se réjouir de ce guet-happen.

Vent debout
Xavier Beulin briguait, avant son décès, un 3ème mandat à la tête de la Fnsea. Dans une interview accordée au Ouest-France, le 26 janvier, il est interrogé sur l’usage des pesticides et l’inquiétude des consommateurs. « Le premier marqueur, c’est la santé » Disait-il. Pourtant la Fnsea bataillait pour continuer à épandre à proximité des maisons. « Nous n’avons jamais contesté la question du vent ».  Xavier Beulin était effectivement vent debout pour rassurer le consommateur.

Mort aux vaches
A Commana, la mortalité élevée de vaches, chez un jeune producteur de lait, ont obligé les services de l’Etat a intervenir (Le Télégramme, 03/02/17). La chambre d’agriculture évoque un manque de soins et de la dénutrition. Dénoncé par les éleveurs du secteur, l’exploitant s’est dit touché par leurs accusations, certaines voix évoquant une campagne de « déstabilisation ». C’est bien plus efficace de crier « Mort aux vaches ! » après un voisin que lorsqu’il s’agit des forces de l’ordre.

dimanche 26 février 2017

concert de soutien aux faucheurs d'Ogm

Samedi 1er avril 2017, concert de soutien aux faucheurs volontaires au Chabada, à Angers, à partir de 18h30.

Retour des « Faucheurs de Sons » sur les terres du Chabada. Après un millésime 2016 cuivré, la thématique jamaïcaine de 2017 s’annonce pleine de vibrations positives. La soirée débutera par un apéro débat à 18h30 autour de l’actualité OGM et de quelques démarches paysannes locales alternatives. Puis, avec 15 ans de scènes dans le rétro, et des premières parties de grands noms du reggae, les Nantais de « One Seed » ouvriront la première récolte sonore avant de laisser la place à l’excellent cru d’Anjou de Simawé. Garanti sans OGM et certifié meilleur album reggae aux Victoires de la Musique 2016, Broussaï clôturera la session live pour laisser le public enflammer le dancefloor aux sons roots, ska, reggae de Phil de Planète Reggae et Rudy’s Back. Enfin Mystikal posera son sound system jusqu’à la fermeture des portes à 2h !

Tarifs : 10€, demandeur d'emploi, étudiant, carte Chabada,12€ prévente et guichet

Restauration bio sur place.


Pour plus d'info, n'hésitez pas à nous contacter : CSFVANJOU@gmail.com

 

dimanche 19 février 2017

Y en a marre, Monsieur le maire !

Lettre d'A quoi ça serre adressée à la préfecture du Finistère pour déplorer la carence du maire de Plougastel-Daoulas, face aux pollutions industrielles et la réalisation de mares (ouvrages qui doivent faire l'objet de déclaration préalable, et inconnus des services de l'urbanisme de la mairie).








jeudi 16 février 2017

Vietnam. Entre invitée d'honneur et déshonneur des élus

 Par F. Oppermann. A quoi ça serre ?

Ce mardi 14 février "AQCS?" a invité à la Salle Frézier Tran To Nga a venir nous parler tout simplement de sa vie. En préambule, David Derrien, initiateur de cette rencontre a expliqué que c'est à travers ses luttes locales contre Monsanto et l'engagement d'André Bouny, qu'il a découvert le combat de Tran To Nga. Dés lors il lui semblait naturel de tout mettre en œuvre pour que Tran To Nga puisse faire partager au plus grand nombre son témoignage. C'est donc ainsi que David Derrien a pu, grâce à la gentillesse et la disponibilité de Tran To Nga, organiser une série de rencontres un peu partout en Bretagne. 
Si à chaque fois, ces rencontres ont été l'occasion d'échanges très riches, David Derrien a regretté que la demande qu'il avait faite auprès du maire de Plougastel et de tous les élu(e)s d'organiser une réception conviviale en l'honneur de Tran To Nga n'ait pas fait l'objet de la moindre réponse, hormis celle d'un conseiller municipal d'opposition (voir courrier en bas de l'article).
David Derrien
To Nga Tran
Heureusement la vie de Tran To Nga est tellement plus passionnante qu'elle n'a même pas relevé ce manque à la plus élémentaire courtoisie républicaine ! Car passionnante, la vie de Tarn To Nga l'est. Au cours de ces deux heures et demie Tran To Nga nous a littéralement embarqués avec elle dans ce pays qu'elle adore, un pays le Vietnam qui depuis des millénaires a connu les guerres sans discontinuité. Née dans le delta du Mékong, le fleuve aux 9 dragons, dont elle tire son courage, elle a aussi vu le jour sous le signe du cheval, ce qui la prédestinait sans doute à porter le fardeau des autres. Toute jeune, comme tant d'autres elle a été confrontée à l'horreur de la barbarie, son jeune frère mourant sous les balles alors que son grand père était gravement blessé lors d'une embuscade. Ce grand père qui restera pour elle un exemple car jusqu'au bout malgré ses blessures, il n'exprimera ni haine ni colère, en restant humble et silencieux. Très vite sa jeunesse ne restera plus qu'un bon souvenir car dés son exil pour Hanoï, elle connaîtra les privations mais aussi le sacrifice des enfants du Nord Vietnam pour qu'elle puisse toujours manger à sa faim. A l'issue de ses études, non pas motivée par un embrigadement politique auquel elle ne comprend pas toujours grand chose, mais animée par le rêve de voir son pays indépendant qui ferait tout pour le bien être de son peuple, comme tant d'autres, elle va rejoindre le Sud via la piste Ho Chi Minh à coups de marches forcées, épreuves physiques terribles qui vont sceller à jamais l'amitié de ceux qui y participèrent car 50 ans après ils continuent à se voir comme frères et sœurs. Au milieu de ce chaos avec la montée en puissance de l'armée américaine, elle aura tout juste le temps de revoir sa mère avant que cette dernière ne disparaisse à nouveau. Elle même emprisonnée, Tran To Nga donnera naissance en prison à l'une de ses filles, rappelant que dans sa famille ce sont 4 générations qui ont connu la prison.
Si l'indépendance met enfin un terme à son supplice elle n'éprouve aucune haine à l'encontre de ses geôliers et tortionnaires car avec sa mère elle a tellement rêvé à cette paix qu'elle ne veut pas la gâcher avec une vengeance inutile. Très vite elle s'applique à redonner confiance à son peuple en devenant directrice d'école. Consciente que le pardon est indispensable, et qu'elle peut être un trait d'union entre le Vietnam et la France, elle multiplie les initiatives en ce sens. Elle organise notamment un voyage pour les anciens combattants d'Indochine au Vietnam. Cela lui vaudra d'être décorée de la Légion d'Honneur. 
Plus tard, c'est en travaillant sur un projet de construction de village que son passé va resurgir brutalement lorsqu'elle se retrouvera face à des victimes de l'agent orange, défoliant dispersé par l'armée américaine pour déforester la jungle. Dés lors sa vie prend un sens nouveau, déjà parce que comme tant d'autres, elle s'est retrouvée contaminée, comme ses enfants, par ce poison, mais parce que surtout face à cette tragédie sanitaire, elle sent que son pays veut tout faire pour étouffer ce scandale aussi bien de santé publique qu'environnemental puisque aucun programme sérieux de dépollution n'est mis en place par les autorités. C'est récemment, en 2009, lors d'une audience sur les effets néfastes des dioxines que Tran To Nga a pu exposer à un auditoire attentif les ravages causés dans son Vietnam. Dans l'auditoire deux avocats ont été touchés par le témoignages de Tran To Nga et lui ont suggéré d'envisager une suite judiciaire. Dans un 1re temps Tran To Nga s'y refuse catégoriquement mais lorsqu'elle apprend que des victimes vietnamiennes de l'agent orange ont été déboutés trois fois de suite aux Etats-Unis, ce qui suspend définitivement tout chance de procès là bas, elle a accepté y voyant une chance ultime de faire reconnaître la responsabilité des firmes chimiques qui ont fourni à l'armée américaine ces produits. 
Aujourd'hui 19 sociétés américaines sont assignées par un tribunal français car Tran To Nga a la double nationalité. Comme à chaque fois que l'on s'attaque à de grosses structures, les coups sont rudes d'autant plus que Tran To Nag ne défend que son cas particulier, la procédure lui interdisant de parler au nom des autres victimes. C'est un combat long et douloureux et....coûteux. Même si ses avocats ne réclament pas d'honoraires, la simple traduction de l'assignation a coûté 16000€ à Tran To Nga, d'où ses efforts pour à travers son livre récolter les sommes nécessaires pour aller au bout de sa démarche dont bien évidemment nous vous tiendrons informés. Bien sûr ce moment fut trop court, mais les échanges furent enrichissants et nous ne pouvons pas nous empêcher d'admirer le parcours de cette femme qui a toujours su surmonter des épreuves terribles sans jamais dévier du chemin tracé par sa mère. Son sens du pardon et sa gentillesse en plus de son dévouement pour les autres constituent une magnifique leçon de vie et il est bien dommage que les élu(e)s n'aient pas souhaité en profiter.

mardi 31 janvier 2017

Y'a de quoi ce marais ! Eizh

Scribes d'humeur, partiellement publiés dans la revue de Janvier 2017 d'Eau et rivières de Bretagne. Rubrique : l'écho des marais.



Des salariés abattus
Les salariés de l’abattoir de volailles Tilly-Sabco de Guerlesquin sont sans activités depuis fin juin 2016 (Ouest-France, 06/10/16). D’après Corinne Nicole, représentante des salariés et ancienne porte parole des bonnets rouges : « Il y a encore de l’espoir mais on sait que l’on part vers des licenciements. Il faut arrêter de vendre du rêve aux salariés ». La tuerie de masse, les cadences, la souffrance, l’endettement, ça se vend très mal.

Réfugiés
Sans remettre en cause les pesticides, Bretagne Vivante lance un cri d’alarme sur la raréfaction des landes qui a une incidence sur la population des papillons (Le Télégramme, 06/10/16). L’association rappelle que la lande couvrait 25 % du territoire breton, transformée aujourd’hui en culture, sapinière et prairie. Avoir confié la gestion des paysages aux agriculteurs a une incidence, celui de réfugier les insectes dans des sanctuaires.

Bilan de santé
Enième bilan sur la pollution des algues vertes en Bretagne et énième constat du Préfet de la région : Le problème est encore là en 2016 avec 30 000 T d’algues collectées (Ouest-France, 13/10/16). Le plan de lutte sera reconduit jusqu’en 2021 avec un budget de 95 millions d’euro. Beaucoup d’élus le disent : la Bretagne est malade mais elle se soigne. Ils oublient de rappeler qu’elle se gave avec l’argent des contribuables, ce qui n’est pas forcément le meilleur moyen de guérir.

Fruits pourris
Jo Baron, présent lors de l’affaire du portique de l’écotaxe à Landorec (22), est toujours sur le coup d’une condamnation : «Je refuse la guillotine » (Le Télégramme, 13/10/16). Pour régler ses frais de justice, l’agriculteur comptait sur les promesses de Xavier Beulin, président de la Fnsea. « Je n’ai rien reçu de la profession ». Il parle même de traîtrise des Bonnets rouges. Même en agriculteur, ce ne sont pas les fruits pourris qui tombent en premier ?

Chasseur chassé
Un chasseur de Guimaëc a été agressé par un particulier, à partir d’une parcelle voisine où il tirait en vain le faisan (Ouest-France, le 27/10/16). « Il s’est précipité sur moi et m’a violemment frappé au visage » Témoigne-t-il. La victime a porté plainte, tout comme le fera le président de la société de chasse : « Nous en sommes à une quinzaine d’agressions verbales alors que nous respectons la loi ». Un chasseur qui respecte les règles et qui se fait taper sur la gueule, ça a quand même du chien !

Le petit rapporteur
Le rapporteur public de la cour administrative de Nantes a demandé l’annulation d’arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de l’aéroport de NDDL (Le Télégramme, 05/11/16). Ses conclusions, généralement suivies, portent sur le non respect du code de l’environnement. Les partisans du projet pensent peut-être que les anti-aéroports pinaillent sur des détails et qu’ils vont les localiser par le petit bout de la lorgnette. C’est vraiment se moquer du monde !

Des PLUmés et du goudron
Des citoyens qui s’élèvent contre les « incohérences » de la loi Littoral ont crée une coordination des PLUmés (Le Télégramme, 09/11/16). Ils dénoncent notamment l’impossibilité de construire dans les « dents creuses ». « Nous défendons la loi Littoral qui a permis de protéger nos côtes du bétonnage » expliquent-ils. D’un côté ils veulent bétonner et goudronner, de l’autre ils récusent la construction de nouveaux hameaux. Comprenne qui pourra.

Sans toits
Denis Jaffré, apiculteur de Locmélar, avait installé des ruches au sommet de la mairie de Brest. Il explique dans une interview que la présence du frelon asiatique risquait de détruire les ruches (Ouest France, 10/11/16). Brest serait inhospitalière pour les abeilles et deviendrait le royaume des frelons ? Peut-être. Quand on voit comment les élus traitent les familles expulsées du Forestou, qui se retrouvent sans toits.

L’amour vache
Dans un communiqué de novembre, Eau et rivières de Bretagne dénonce l’attitude de l’Etat qui renonce à annuler l’arrêté de 2006 qui encadre l’usage des pesticides (Le Télégramme). « 81 molécules ont été détectées dans les eaux bretonnes en 2015» précise Gérard Huet. « Le gouvernement vient de capituler devant la Fnsea et les industriels », continue t’il. Avant les présidentielles, l’idylle entre les agriculteurs et le gouvernement ressemble à de l’amour vache.

Les zélés de l’Ouest
La cour administrative d’appel de Nantes a validé les arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de NDDL (Le Télégramme, 15/11/16). Cette décision s’oppose à l’avis du rapporteur public qui préférait un réaménagement de l’aéroport actuel. « La messe est dite », s’est réjoui le président de l’association « des Ailes de l’ouest », pro NDDL. Attention à ne pas s’étouffer avec l’hostie car la justice est d’humeur volage.

Sentir le rance
300 manifestants se sont rassemblés aux abords de la Rance pour réclamer à l’Etat et à EDF un plan de désenvasement (Le Télégramme, 27/11/6). Le porte-parole de Rance Environnement rappelle que l’estuaire est abîmé à 80 % par le barrage. Les tables rondes s’enchaînent pour trouver des solutions. Reste à espérer que les discussions ne s’enlisent pas, ça finirait par sentir le rance.

Gel des prix
Seule une dizaine d’agriculteurs des JA se sont retrouvés sur le site de la Laïta, coopérative laitière située près de Gouesnou, pour réclamer une revalorisation du prix du lait (Ouest France, le 30/11/16). « Dans les campagnes les jeunes sont résignés », reconnaît un responsable du syndicat. Choisir entre le confort d’un tracteur climatisé et piétiner des heures sur un parking lors de périodes de froid, les jeunes savent qu’il n’y a pas que les prix qui gèlent.

Largués
Lors des troisièmes victoires de la Bretagne décernées par le Télégramme, le jury a désigné Triskalia lauréate pour le développement durable (Le Télégramme, 08/12/16). La coopérative commercialise des drones qui larguent des petites guêpes sur du maïs attaqué par la pyrale. Après avoir largué des pesticides interdits dans les silos de céréale, intoxicant des salariés, Triskalia largue un insecte potentiellement facteur de déséquilibre pour l’écosystème proche. Durable ? Largués surtout.