A toutes les victimes de la bêticide

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samedi 5 novembre 2016

Dépôt sauvage de serristes : ça se resserre

Afin de garantir un certain anonymat les noms ont été modifiés
A la suite des plaintes déposées contre x par l'association "A quoi ça serre", au sujet des dépôts sauvages agro-industriels, s'appuyant sur de nombreuses preuves, filmées ou photographiées, le Procureur de Brest a ouvert une enquête sur la situation des pollutions situées sur la route de roc'hannou à Plougastel-Daoulas. Les éléments ont été confiés à la gendarmerie et le contrevenant a été identifié. 
Avant de revenir sur ce dossier, je ferai une longue parenthèse concernant l'intervention des gendarmes : nous ne sommes pas à St Tropez mais pas loin... on m'avait prévenu : "N'attends rien des gendarmes sur l'environnement". Effectivement, le trait n'est pas tiré.
Après avoir reçu le message quasi incompréhensible de l'enquêteur, je me présente à la gendarmerie de Plougastel. Un agent sur place me remet le numéro de téléphone de Plougastel et me fait savoir que le gendarme Le Jeune est en poste à Daoulas. Si je veux le joindre je dois appeler à ce numéro et Plougastel transférera l'appel vers lui. Le gendarme me demande de communiquer mon n° de portable. Je lui signifie que Le Jeune a déjà mon portable puisqu'il a laissé un message. Ce n'est pas grave, je m'exécute. Sauf que l'interlocuteur suivant, un brin énervé, me fait savoir qu'il n'a pas de temps et que de toute façon cette procédure est inadéquate, "Donnez moi votre n° portable !". Non... Mais... Bon ce n'est pas grave... J'ai en vain attendu l'appel de Le Jeune qui n'est jamais venu.
Hier, Vendredi, je repère le véhicule du policier municipal en stationnement près de la mairie. J'ai un peu de temps, je m'arrête, sans avoir de rendez-vous. Alors que je l'aperçois assis derrière son bureau, je capte la teneur des échanges téléphoniques et comprends très vite qu'il parle avec un serriste ! Incroyable : il s'agit de Mathurin Le Franc, le dépositaire des tas d’immondice. Les échanges sont intéressants. Le policier argumente son appel : obligation de traitement des déchets, pollution par les effluents, responsabilité engagée du propriétaire du terrain, rappel de la charte Saveol,... Sur ce dernier point, le serriste donne l'impression de découvrir ses obligations, à savoir que le serriste peut épandre les résidus de production, à condition que les déchets soient broyés et enfouis dans les 24h.
Ici, la pollution est une infraction relevant du Règlement Sanitaire Départemental. Mr Le Franc assure qu'il interviendra dans les 15 jours pour retirer les déchets et que cela ne se reproduira pas. Pour autant, la gendarmerie devra le convoquer afin de l'entendre. Il aura plus de chance que moi... Au fait, des gendarmes se sont déplacés et n'ont pas trouvé les terrains concernés. J'ai cru comprendre qu'ils n'étaient pas très contents... Ils n'avaient peut être pas mon numéro de portable pour que je les accompagne ? Un gendarme FREE (Formateur Relais Enquêteur Environnement) de Landerneau estimerait que ces dépôts ne sont pas illégaux. Ce qui me fait réagir : la formation du FREE ne doit pas être complète !
En tout état de cause, l'intervention d'"A quoi ça serre" se justifie pleinement quand la justice, lorsqu'elle se saisit des dossiers sur l'environnement, légalise nos requêtes. A mes yeux c'est une étape importante car maintenant notre action est reconnue légitime !
La mobilisation et la patience sont payantes. Il reste des demandes en cours. Je finirai bien par rencontrer le gendarme Le Jeune, je pense qu'il n'a pas égaré mon numéro de portable.

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