A toutes les victimes de la bêticide

A toutes les victimes de la bêticide

mercredi 25 mai 2016

La (dé)fête de la nature

A Plougastel-Daoulas, les éluEs de la majorité actuelle aiment la nature et depuis fort longtemps. Qu'est ce qu'ils aiment la nature (rrhoo !). Ils aiment tellement la nature qu'ils l'ont célébrée par une fête (Ouais ! Une fête ! Une fête ! Des crêpes ! Des crêpes ! Des escargots ! Des escargots ! Ah non...pas d'escargots). 
Et quelle fête ! Soutenue par Edf (Et Saveol, elle n'aime pas la nature ?) qui cherche peut-être des sites d'enfouissement de déchets radioactifs ? Elle peut venir Edf : la commune est déjà une décharge à ciel ouvert. 
Les moyens de communication  n'ont pas manqué pour faire la promotion de la nature à Plougastel et évoquer : la préservation de la trame verte et bleue (sic), la présentation du "Contrat nature" de la région Bretagne et "des actions menées ces dernières années sur la commune" (resic), la découverte de l'écosystème local, propre comme tout, bien nettoyé, et la production locale du jus de pommes des vergers de "Avaloù atao". 
Tout y est, les oiseaux qui chantent sur quelques photos et les abeilles que tout le monde aime et veut protéger. Même les éluEs locaux, ils aiment les abeilles, à part peut-être l'Abeillaud quand ils/elles me croisent et que leur tête se transforme en dard afin de m'injecter un puissant venin. Ah ! Pas cette fois-ci, à voir l'accueil exalté de l'élu qui me voit arriver, et enivré, tel un militant victorieux devant l'abandon du projet de centre de formation du stade brestois, qui s'exclame  : "Plougastel écologique !".  En même temps c'est la fête, je ne suis pas dupe, on peut bien avaler, peinard, pas des avaloù, mais quelques verres de pinard ! 
Tout y est j'vous dis ! Un blaireau empaillé, des gobelets recyclables, un poste d'observation pour les oiseaux. Pas empaillés ceux-là, mais qui ne sont pas là. Plutôt des panneaux flambants neufs pour nous faire rappeler que les oiseaux, de toute façon, on ne les verra pas. A moins que le sentier, nettoyé à la débroussailleuse, ne révèle le cadavre squelettique d'un merle, les ailes figées vers le haut comme pour saluer les randonneurs ? D'ailleurs c'est tellement propre nickel qu'on en a profité pour abattre des arbres séculaires sur le talus, voisin de la chapelle Saint Adrien et lorsque je pose la question à l'élu écolo, à savoir pourquoi, la réponse fuse : "Ah, c'est pas nous, c'est BMO". Où avais-je la tête...la mini station d'épuration construite par les Eaux du Ponant, à proximité du talus, c'est BMO bien-sur ! Franchement dédé, t'es nul, les éluEs de la commune aiment tellement leur nature qu'ils n'auraient jamais osé défigurer un ex-cadre bucolique. Ils sont si responsables, quand il s'agit de porter des projets comme le centre de formation du stade brestois, qu'ils prennent toutes les mesures d'urbanisme nécessaires pour préserver la continuité des corridors écologiques dans la fameuse trame verte et bleue.
Le contrat nature

Ah ! Peut-être que vous n'avez pas suivi l'affaire du centre de formation du stade brestois ? Petite piqûre de rappel (ouh ! Ça fait du bien...): en 2012, le club de foot du stade brestois recherche 10 ha de terres pour implanter son centre de formation et d'entraînement. La mairie de Plougastel lui propose une zone, à l'entrée du bourg, dépourvue, à première vue, d'intérêt écologique. A première vue seulement. Car le maire, qui comme tout le monde le sait, aime la nature, les intégristes écolo,...oublie...que sur cette zone figure un corridor écologique ! Vous savez ? La fameuse "trame verte et bleue", phrase imprimée sur le livret de la "Fête de la nature", fête organisée par la même mairie ? Et puis comme il aime tellement la nature au cours de ses nombreuses balades, dans les chemins tout propre nickel, il oublie (encore ?) qu'il existe le code de l'environnement qui protège des espèces comme la salamandre...oui aussi...l'escargot de Quimper...bon, on m'a dit que c'était pas porteur de parler du gastéropode. Bon, je vais l'appeler autrement...Schmilblick...schmilblick à écailles...Voilà ! C'est mieux ! Donc le code de l'environnement protège aussi le schmilblick à écailles et il est protégé PARTOUT sur la commune ! Quelle chance pour des intégristes écolo d'avoir le schmilblick à écailles sur Plougastel. Faut le voir dans le sous bois, près du chemin de kervenal, magnifique ! Avec ses cornes dressées comme ça, ses écailles qui bleutent au soleil (oui oui il bleute à la lumière), et puis on a le temps de le contempler à l'allure où il va. Vraiment magnifique ! La nature c'est tellement beau, surtout sans arbres, avec des panneaux sans oiseaux, sans ces putains de schmilbliks qui ralentissent l'extension de l'urbanisme, avec du plastique...oui parce que, en fait, quand on fait du nettoyage à Plougastel, sur les chemins empruntés pendant la "Fête de la nature", on fait du tri sélectif : du triwashing qu'on appelle ça. On retire le plastique sale et on garde le plastique propre, le noir, celui que l'on nomme "le papier noir". Ah, celui-là on n'y touche pas ! Ça fait partie du patrimoine local, non, non, on ne l'enlève pas, ça rappelle les anciens dans leurs champs de fraises sur les tableaux de Mathurin Méheut, même s'il n'y avait pas de plastique à l'époque. hop hop hop, on n'y touche pas. 
Le plastique propre dit le papier noir

Et puis c'est pas un déchet, la preuve ! C'est du papier, et tout le monde sait que le papier c'est biodégradable. Même à Plougastel, ils le savent que c'est biotrucmuche, même si ça prend des centaines d'années, ça va disparaître, avec l'eau, le délitement, avec le broyage des machines agricoles, tout ça, tout ça...(c'est comme ce p..... de schmilblick à écailles, celui-là aussi il devrait être biotrucmuche). Tiens, à propos de savoir, ils savent à Plougastel que le miel est contaminé par des micro-résidus de plastique ? Ils savent que la nature se porte mieux sans l'intervention humaine et que la biodiversité peut se maintenir, voire se repeupler, comme les rapaces qui avaient presque disparu de la presqu'île ?
Mais ils sont où les oiseaux ?...
Saluons, quand même, la volonté de la municipalité d'aller vers le mieux et de valoriser, à travers le "Contrat nature", ses actions pour la préservation de la nature (oui parce que, à Plougastel, les éluEs, ils aiment la ...oui oui, on sait !). Donc ça commence par des stands avec une exposition, au départ des balades. On y présente la biodiversité de Plougastel : des tritons, des salamandres,...Ouais super ! Des espèces protégées que l'on retrouve dans le chemin de kervenal que la mairie veut défoncer, rapport à quelques camions mobilisés pour les serres du coin...Oh...mais...une seconde... y'a pas de photos du schmilblick à écailles ?
Si vraiment on n'en a pas eu assez, on continue le tour qui nous emmène vers le stand de crêpes, squatté par un sourcier, et la buvette avec les gobelets recyclés, ou pas, selon que si tu te brûles avec un café ou tu bois un jus de pomme. Tous leurs bénéfices seront versés au Téléthon, geste ô combien généreux ! Sachant que la recherche pour de meilleures pratiques agricoles n'a pas besoin d'être soutenue. 
...Ah ! Ici. A l'avant l'oiseau. A l'arrière la nature sans arbres
Après on a quoi ? J'ai déjà parlé des abeilles et du blaireau...Ah si ! Il reste le stand d'un éditeur qui vend des sifflets pour imiter les oiseaux. Et bien l'Abeillaud, tu vois, t'es vraiment "teo fall put'", mauvaise langue ! Tu avais des oiseaux ! Et puis à entendre celui qui sifflait, c'était un sacré zoiseau ! Les musiciens qui étaient là, en sont restés bouche bée !
Dans tout ça, ai-je trouvé des points positifs ? Déjà il faisait beau. Ensuite la conteuse racontait super bien des histoires. Le jus de pomme d'avaloù atao était bien comme il faut, l'histoire sur le sillon était complète et d'après des témoins, les animations de la veille étaient sympas. Bon et bien je reviendrais peut-être l'année prochaine pour une nouvelle édition de la (dé)fête de la nature ? Comme l'écrit le Ouest France : "fête de la nature très paisible". C'est vrai que c'était vraiment très paisible.

PS: mes railleries sont à destination des éluEs et non pas des employés municipaux ni des bénévoles. Qu'on se le dise

lundi 23 mai 2016

L’if et la chauve-souris



« Non… Non…». La douleur de Teysh, orpheline d’un écho, s’étrangle face à la virulence du vortex, vociférant telle la voix du vilain. Le vent assassine même, sans assignation ni distinction, les maudits de la nuit : ce n’est surement pas une vulgaire chauve-souris qui efflanquera sa furie. Il a déjà fait peu de cas d’arbres qu’il affale sans discernement d’espèces ou de hauteur de cimes. C’est à se damner si la pente du bocage vers la rivière et l’appétence du bétail du béotien pour les écorces n’ont pas pactisé, à leur tour, pour décharner l’encolure de l’estran, à voir le carnage consacré dans cet abîme. « Je t’avais bien prévenue pourtant que tu t’égarais dans l’imprudence de ce tourment nocturne et que de t’entêter à t’aventurer hors de ces lieux contenterait ta mauvaise fortune». Le sonar soubresautant de Teysh tangue sur les tragus de la souffreteuse, tellement le chambardement s’époumone à escournifler leur connexion nerveuse. Muris le sait, elle succombera à la saignée qui n’est pas surfaite ; les phalanges du patagium gauche se sont ébréchées, suite à la chute d’une branche. Malgré la frayeur provoquée par la force du choc et le foudroiement dû à la fêlure mortelle, Muris est parvenue à se frayer un passage entre les franges, et se faufiler à travers la faille du rocher. Après que le tissu vasculaire de l’aile déchirée a répandu irrémédiablement l’hémorragie du vampire, le chiroptère suinte dorénavant ses sens, sucés par le pire.
 « Oh… Teysh…Teysh ? Tu es là ? Teysh, où es-tu ?
- Je suis là…près de toi mon amie, sanglote-t-il, je suis là, répète-t-il, craignant que le souffle ne couvre son sonar et que l’obscurité ne soit déjà un corbillard.
- Oh Teysh…je me meurs…je m’éteins dans la nuit…n’est-ce pas là une magnifique mort pour un myotis ? Je te l’accorde, c’était une folie de plonger dans ce torrent. Mais tu le sais toi que je suis impétueuse, que le vol crépusculaire au-dessus du plan d’eau exalte notre condition d’êtres menacés…La toux saccadée dévore la chauve-souris, l’obligeant à s’interrompre,
- Ne minimise pas le rôle qui est le nôtre. Nous n’avons peut-être pas les faveurs des conteurs mais notre prédation régule un certain nombre d’insectes comme les moustiques.
- Mon brave Teysh, me saisir par tes leçons serait vain. Une scélérate s’affaire déjà à festoyer mes obsèques…ironise Muris, et enlève ce masque du tourment que tu portes comme une gargouille, tu m’effraies presque…
- Oui…Excuse-moi. Je n’ai eu de cesse de t’adresser mon gourou pour dompter ta raison…
- Teysh, avise-toi d’en découdre avec la tienne. Inutile d’agresser ta conscience. Tu n’as pas failli à la faiblesse. Ne confonds pas le compagnon prévenant avec l’œil d’un intrus. D’ailleurs, à propos de raison et de folie, je peux maintenant me décharger d’un fiel secret. Je crois que ce que tu entendras tarira, sitôt dit, ta tristesse. Au fond, je forgeais, fougueuse, ma propre fatalité afin de te révéler la nature de cet enchantement qui nous subordonnait.
- Que dis-tu ? Qu’y a-t-il de si détestable pour s’en remettre au sort ? Qu’est ce qui pourrait me dégoûter d’honorer notre amitié ?
- Si, jusqu’à présent, je ne t’ai rien dévoilé, c’est bien par seule nécessité de lâcheté. Je devais me prémunir du risque de me noyer dans la folie. Au moment où la mort m’étreint, je me soulage de ce souci. Tu n’auras pas à te morfondre longtemps…apprends ceci… tu es victime du sortilège d’une sorcière…tu n’es pas une chauve-souris.
- Quoi ? Que m’émets-tu là ? Mais c’est la folie qui te gagne en cet instant ! », s’exclame Teysh. Muris, agonisante, ne discerne plus les paroles de son ami.
-  En vérité, tu es un ovate. Après avoir été séduit, tu soupçonnais les agissements de celle qui se dissimulait sous une beauté charmante et qui se vouait aux jeux de la mystification. Confondue, elle ne pouvait fourvoyer son âme à la moindre déconvenue. Elle a donc assiégé ton sommeil profond pour magnifier à ton malin des incantations maléfiques qui te muaient en murin. Mais cet aspect n’est pas irréversible …l’acte qui fait de toi un malfaisant n’est que simulacre,
- De quelle sorcière parles-tu ? Où parade-t-elle ? Moi un ovate ? Un homme ? Teysh, déjà choqué par l’état de Muris, suffoque après une telle confession.
- Voilà ce que tu feras. Les sons se traînent maintenant, pénibles. Tu peux lever cet envoûtement. Il suffit pour cela que tu soudoies les baies d'un if, du nom d’Ivos.
-…Un if ?
- Oui, un if… toutes les substances de l’arbre sont toxiques sauf l’arille rouge entourant la graine. Pour soulager tes louanges il faut à la fois que tu ronges cette enveloppe et que l’usurpatrice soit intoxiquée par la graine. Dès que tu auras agi ainsi tu recouvriras ton apparence d’homme,
- Et qu’adviendra-t-il de la traîtresse ? demande Teysh.
- Ses dents. Elle est obnubilée par ses dents. L’effet de la graine les fera pourrir jusqu’au cœur de la racine. Leur éclat est subordonné à sa propre source narcissique. Le poison insidieux caressera l’émail de sa vilénie, sans fin. Et si tu veux la débusquer, suis le bois riverain. Sa demeure est sur cette berge, isolée, au loin…les râles reprennent plus forts. Muris périt.
- Une dernière chose. Quand tu rencontreras l’if, n’oublie pas de t’annoncer…les ifs peuvent être taciturnes avec l’âge… Ne perçois-tu rien venir ? s’inquiète Muris, ses globes se closent sur une catacombe. Je m’endors…
- M'annoncer ?
- …Me pardonneras-tu ?
- Tu…tu es déjà pardonnée…
- Bien…Je suis soulagée…Préserve-moi dans ta mémoire…Adieu poète ».
La risée n’a pas suffit, cette fois-ci, à insonoriser les cris stridents de Teysh.

La longévité de l’if, contrairement à ses confrères, les conifères, le confine dans l’étrangeté. On prétend, en effet, que sans sépulture, tous les bannis de la contrée s’accommodent dans le ventre de sa sculpture. Seraient-ce alors des réfugiés l’ayant reconnu comme dernier recours pour l’immortalité ? En échange de sa piété, le bois de l’if se serait durci contre la bêtise, tendu comme une corde, se chamboulant imputrescible, difficile à évider pour en dérober des cordes. On raconte aussi, sur la foi de témoins, que plus d’un animal du troupeau aurait trépassé après avoir savouré sa sève vénéneuse, meurtrissure secrétée par ces pécheurs. L’abattre inviterait la mort dans l’année aux dépens de quiconque se prétendrait sciemment bourreau. Quoiqu’il en soit, l’isolement, au côté d’un houx à la mine miséreuse, l’absence de musicalité au passage du vent qui peigne sa crinière épineuse et la persistance des feuilles qui résistent à celle de la rumeur, ne font qu’enraciner son impopularité sulfureuse.
Bien peu de voyageurs, à l’instar des superstitions, se posent sur l’if et, pour soulager leur périple, profitent du logis offert par le trou dans son tronc. C’est donc avec une certaine nonchalance que l’arbre vit s’agiter vers lui le vol du vespertilion. Tout du moins au début, car la chauve-souris respectait, a priori, une trajectoire rectiligne, guidée par la seule rectitude de le saisir. L’if fut ensuite bien plus choqué sur la manière d’être interloqué, « Je suis ton obligé. Je viens secouer ta méditation millénaire. Seras-tu celui qui pourra soulager ma galère ? » L’interroge Teysh, s’agrippant la tête vers la terre. L’if, disposé à prolonger sa léthargie, mit un moment avant de répondre aux propos brusques et impétueux de cette bestiole, « Que me veux-tu freluquet ? Que prétends-tu m'apprendre avec tes frasques ? Toi qui ose courroucer ma carapace ? Mugit'il,
- Je recherche un if nommé Ivos. Après quelques espoirs, aussi rares qu’infructueux, je m’enquiers des vertus du fruit qui décore de rouge son âpreté.
- Des vertus ? Soit tu as été mal renseigné, soit tu t’es égaré dans la folie. Ceux de mon espèce portent en eux le signe de la désaffection. Cherche ailleurs ton remède !
- Oui…la folie… murmura Teysh, abattu. J’endosserai alors sans faillir les remords de Muris…
- Halte-là, petite chose ! Quel nom as-tu avancé ? Muris ? Tu connais Muris ?
- Oui…enfin je la connaissais…mon amie a été fauchée à cause des fourberies d’une femelle félonne…A propos, je ne me suis pas présenté, je m’appelle Teysh.
- Teysh ? Chagriné par la nouvelle, l’if adopte un ton dès lors bienveillant, Teysh, veux-tu me retracer le récit qui t’emmène, car je suis Ivos, celui que tu ambitionnes». Attentif au drame qui drape la douleur de Teysh, Ivos réfléchit longuement avant de s’exprimer : « Hum, fit-il dans un soupir, ce que tu sollicites là suppose de soustraire une suite. Sache que chaque arille, chapardé par des chenapans, charrie un nouvel élan vers l’éternité. Même si la graine est toxique cela ne suffit pas à garantir sa pérennité. Le soutien que je t’apporte s’abreuve de l’empathie de Muris à mon égard, car elle fut indifférente à l’austérité de mon attrait. Elle a très souvent évoqué ton nom au retour de ses pérégrinations, avant de sombrer dans mon tronc pour l’hibernation. Hum…je sens que l’emprise est puissante…il te faudra collectionner plusieurs baies. Comment, selon toi, aliéner l’illusion?
- Adossée à la maison se trouve une réserve d’eau. Cette eau sera infectée quand je les jetterai en dépôt.
- A ta guise ! Je t’aiderai. Je n’ai qu’une parole. Mais n’agis pas dans l’immédiat. Repose-toi ici en prélat. Laissons mûrir l’avenir ».
Et c’est ainsi qu’il fut fait. Teysh se capitonna dans sa capsule jusqu’à ce que la cage capitule au contact de la caresse estivale. Comme Ivos l’avait signifié, dès lors que ses arilles se convertirent à la maturité, il accorda à Teysh le privilège de ces fruits charnels. Après avoir salué Ivos pour son don, Teysh, comme il l’avait manigancé, à l’insu de la canaille, goba les germes et les gerba dans l’eau grouillante de grisaille.
Puis, il se suspendit à un arbre, près de la maison. L’action du poison fut quasi instantanée. Il comprit, aux hurlements démentiels, que la toxine avait exécuté sa besogne, exacte aux bons conseils. Quand il s’éloigna, le poète ne se retourna pas. Il allait de nouveau pouvoir marcher dans la vie.