A toutes les victimes de la bêticide

A toutes les victimes de la bêticide

vendredi 29 juillet 2016

Les embruns écarlates



Les embruns écarlates

  
D’une île à l’autre, les embruns écarlates colportent,

Que l’ourlet des routes,
Boursoufflé de brume et de brindilles,
Batifole avec tes bises brunies

Que le tentacule des talus, le temps de printemps entiers,
Tente de t’emprunter encore
            Cette tignasse crépue, parsemée de crépuscule

Que la canopée de ta capsule,
Circonscrit des couronnes calibrées
Et son carrosse de caresses courtisanes

Que la pilosité de tes tiges, audacieuse, parfois,
            Se fait pudique sous le rouge de tes jupes
                        Un baiser, à peine, bâtissant leur bastion

Que tu n’étais pas le mignon de Monet.
Ce n’est pas qu’une impression, c’est certain
Sinon son champ emprisonnerait ton nom

Que le sarrasin se baisse et pavoise,
Devant tant de pavots à moudre
            Devant tant d’ardeur en jachère


Dans l’archipel de tes coquelicots,
Aux confins de la rose des vents,
J’aimerais te nommer Rozenn-aer
J’aimerais, l’air de rien, l’enfouir sous ma langue
Rozenn-aer, acceptes-tu ce baptême d’élégance ?


mardi 19 juillet 2016

Y' a de quoi ce marais ! Seizh

Scribes d'humeur, partiellement publiés dans la revue de Juillet d'Eau et rivières de Bretagne. Rubrique : l'écho des marais

Le porc s’emballe
L’Assemblée générale du groupe Triskalia des Côtes d’Armor a été l’occasion d’évoquer la crise agricole et notamment la situation de la filière porcine (Le Télégramme, 02/03/16). Après avoir affirmé qu’il fallait une amélioration du prix de vente, le groupe indique que : « ce qui compte le plus, c’est segmenter le marché, il nous faut tenter de capter ce qui apporte de la valeur ajoutée ». A l’intérieur ou l’extérieur de l’emballage ?

Renvois
Le tribunal de Vannes devait juger, le 04 mars dernier, une affaire dans laquelle Nutréa-Triskalia contestait le taux d’incapacité accordé à deux salariés intoxiqués (Ouest France). Le géant de l’agroalimentaire breton a demandé à ce que ce taux soit divisé par deux. L’affaire a été renvoyée au 24 juin 2016.  Après avoir été licenciés abusivement, sachant que ces ex-salariés ne perçoivent aujourd’hui que les minima-sociaux, il n’y a pas que l’affaire qui provoque des renvois.



Antipathiques
La majorité de la région Bretagne, sans écologistes, a décidé d’octroyer une aide de 30 millions d’euro aux éleveurs de porcs (Le télégramme, 02/03/16). L’opposition de droite n’a pas tardé à saluer ce plan de « modernisation », au premier rang duquel, Marc Le Fur : « Pas un mot sur les contraintes environnementales, rien sur le bien être animal, ça me va bien ! ». Les anti-écolos sont vraiment antipathiques !

Quel savoir vert !
Lors du dernier salon de l’agriculture, Saveol a exposé ses nouveautés en matière d’innovation (Le Télégramme, 04/03/16). A côté de variétés nouvelles au couleur rose pourpre, Saveol développe son segment de la tomate cerise. Lavée, emballée dans du plastique, accompagnée de pics à brochette, la tomate cerise n’innove en rien dans la sobriété énergétique et le conditionnement neutre.

Tomates saveolées
A cause d’un taux de nitrate 275 fois supérieur à la norme, un habitant de Loudeac a vu la taille de ces légumes exploser (Ouest France, 11/03/16). La source de la pollution proviendrait d’un fabricant d’engrais, situé en surplomb du potager. « 40 kg de tomates produits sur deux pieds » a déclaré le jardinier. Cette production devrait faire rêver plus d’un serriste. A moins que…

Caravaning polluant
Plus de 350 personnes ont assisté à la réunion de « dialogue » organisée par la municipalité de Plouguerneau sur le sujet épineux des terrains de loisir situés en zone littorale (Ouest France, 14/03/16). Les mesures visent à retirer les caravanes et à revoir le PLU pour rendre des parcelles inconstructibles. Un gendarme à la retraite explique qu’il y avait jusqu’à 1800 caravanes en 1978. 30 ans pour attendre qu’une équipe municipale parvienne à appliquer la loi Littoral, mais que faisait la police ?

Être au radar
Un producteur de lait, qui participait aux blocages du pont de l’Iroise de Brest, a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour destruction de biens publics dont un radar (Le Télégramme, 30/03/16). Pourtant la gendarmerie, sur place lors des faits, avait écrit noir sur blanc, qu’aucun auteur n’avait été identifié. Avoir la tête dans le cul ou fermer les yeux c’est synonyme chez les gendarmes quant il s’agit de casse agricole.

Diabète bio
Alors que la Bretagne importe la totalité du sucre bio, le projet Breizh bio souhaite démontrer qu’une production locale de betteraves à sucre bio est possible (Ouest France, 06/04/16). « Des industriels et des agriculteurs nous suivent déjà, citons Eric Ollive patron de Breizh Cola » ont annoncé les protagonistes du projet. Bien rappeler sur les étiquettes que le sucre, même bio, consommé en grande quantité quotidiennement, peut provoquer le diabète.

Du petit lait
Le géant chinois Synutra prévoit l’implantation de nouvelles usines à lait à Carhaix (Le Télégramme, 07/04/16). Un investissement colossal qui ne rassure pas pour autant les producteurs locaux « L’Europe est le seul continent à connaître une surproduction (…). Si nous ne sommes pas capables de nous organiser au niveau européen, ils trouveront du lait par cher » prévient Francis Prigent de l’Apli. A partir de l’exemple de la filière porcine européenne, les chinois peuvent boire du petit lait.

Tapis rouge
Dans la commune de St Julien (22), l’étang du château de la Coste a disparu sous le tapis ocre d’une plante invasive, l’azolla filiculoïde (Ouest France, 24/04/16). Le phénomène interpelle les habitués des lieux. « C’est du sang de poisson ! », « C’est quelqu’un qui est venu vider son aquarium avec la plante exotique », « C’est du goudron rouge ? ». Des commentaires qui se suffisent à eux-mêmes pour que l'on déroule un tapis rouge vers « l’écho des marais ».

Mal combiné
Le Tribunal de commerce de Brest a décidé de mettre un terme à l’activité de Combiwest sans attendre la fin de la période de redressement judiciaire (Les Echos, 26/04/16). Ce spécialiste du fret, en majorité détenu par la Sica de St-Pol-de-Léon (29), accuse la SNCF d’avoir freiné son développement. De l’autre côté, la SNCF déplore 6 millions de péages impayés par la coopérative depuis 3 ans. Les taxes sur le transport et l’agriculture intensive se combinent mal, référence à l'écotaxe.

River
Plusieurs rivières en Bretagne ont été retrouvées remplies d’une couleur verte en avril dernier (Le Télégramme, 26/04/14). Forte pollution d’algues vertes, présence d’une plante invasive, accident industriel ? Rien de tout ça. Il s’agissait d’une action intersyndicale des agents de l’environnement qui ont utilisé un colorant vert, « non polluant », pour dénoncer le manque de moyaens et la baisse des effectifs et assurer pleinement leurs missions. Ouf ! S’il n’y a que ça ! Le pire est évité.

Coques en stock
Alors que la réglementation sur la coque limite sa cueillette de loisir à 5 kg par personne et par jour, un récidiviste a été contrôlé en possession de 60 kg de coque à Gâvres (Ouest-France, 10/05/16). Récidiviste car l’ancien pêcheur avait été pris avec 250 kg du coquillage quelques jours plus tôt. « C’est un braconnier » martèle le président du comité des pêches du Morbihan. C’est aussi peut-être un trafiquant qui mérite un pèlerinage au Palais de justice, tonnerre de Brest !

Gelée Royale
Ségolène Royale était en visite sur Ouessant afin de saluer les initiatives prises pour réduire les émissions de CO2 (Le Télégramme, 10/05/16). Le maire a rappelé que l’île avait répondu sans succès au projet « Territoire sans déchets », « Je vais voir ce qui s’est passé » a-t-elle assuré. Puis elle s’est déplacée au Conservatoire de l’abeille noire, où l’on a précisé qu’Ouessant était un lieu exempt de maladies pour les abeilles et que pour les protéger il faudrait inclure l’île de Molène, « Je peux vous aider là-dessus » a dit le Ministre. Allez hop ! Tournée générale de gelée royale !

Porcland
Des élèves de la maternelle d’une école de Landunvez ont visité la porcherie « Avel vor » (Ouest France, le 24/05/16). En dehors de l’extension accordée par le Préfet de l’élevage à 13000 porcs, sachant le commissaire enquêteur a émis un avis défavorable à cette extension, a-ton expliqué aux chérubins le sort réservé aux porcelets ? La castration, le meulage des dents, la coupe des queues,… ? Avec les exercices pratiques ? Séance émotion assurée qui égale les attractivités de Disneyland.
 

mercredi 6 juillet 2016

Tran To Nga : Une vie de combats

A la lecture de "Ma terre empoisonnée", retraçant le parcours chaotique d'une femme engagée, perlé de souffrances, mais serti par l'abnégation et l'empathie, je ne peux que m'associer à l'humilité et la détermination de cette mère sacrificielle. 
Je n'envie pas son sort, ni ses anciennes conditions de vie, insufflant un cortège de fardeaux pathologiques, pour elle et ses enfants. Sinon cela reviendrait à me souhaiter la même existence périlleuse. Non. Je préfère vouer à Nga un profond respect pour son courage à mener un énième combat. 
Cette fois-ci elle assigne, seule, en justice, les multinationales agrochimiques, telle que Monsanto, pour que justice soit rendue à l'ensemble des victimes vietnamiennes de l'Agent Orange. 

"Bonjour Nga
Après la lecture de votre livre, je ne suis pas étonné que vous entamiez, aujourd'hui, une démarche pour que justice soit rendue. Votre abnégation, votre empathie et vos souffrances vous rendent éligibles à rejoindre les étoiles.
Pour mon cheminement personnel, il est certain que je devais être emmené à vous rencontrer. Plus qu'une collaboration, ce sera pour moi une nouvelle étape pour tenter d'être utile à tous ceux et celles que l'on a enfouis sous l'Agent Orange, et ceci grâce à vous. Merci". David

"Bonjour David
Dorénavant on sera ensemble pour une oeuvre "d'abeille" : petit à petit, patiemment mais avec l'énergie indestructible des abeilles, nous essayions de construire un grand nid pour ceux qui sont plus malheureux que nous". Nga




Comment aider Tran To Nga dans son procès : le livre "Ma terre empoisonnée"
http://www.nga-orange.org/Contact-Tran-To-Nga

France 5 - Magazine de la santé - 11 avril 2016 - Interview de Tran To Nga
https://www.youtube.com/watch?v=dOnE9BdiKTg


samedi 2 juillet 2016

Installation en permaculture

 Actualisation le 27 mai 2017


Je recherche un/une partenaire pour une installation en permaculture sur le Finistère (Plougastel Daoulas), au Jardin Baroque de Lindouar. Priorité à l'entente fraternelle, la confiance réciproque, le respect du sol et du vivant

Personne rigoureuse, enthousiaste et autonome. Projet autogéré qui tendrait à terme vers l'autonomie, avec en filigrane la notion de résistance au saccage perpétré par l'activité agro-industrielle sur Plougastel (plus de précisions en off).

Mise à ma disposition, sous forme de droit d'usage, avec deux propriétaires (accord de gratuité sur 9 ans, renouvelable par tacite reconduction) d'un 1 ha de terre, en friche depuis 15-20 ans. Le principe de propriété est exclus. Plusieurs essences d'arbres dont la présence de pommiers et d'un arbre remarquable, le cormier. Possibilité à moyen terme d'exploiter plus de 1,5 ha. Mention "Nature et Progrès" obtenue.

Qualification acquise (ou en cours d'acquisition) pour entreprendre la conduite de productions végétales  (responsable d'exploitation agricole, maraîchage biologique). Expérience facultative. Fortement apprécié si DJA obtenue ou en cours d'obtention. Choix commun du modèle à mettre en place à partir de pratiques appréciées ailleurs en permaculture (en cours de réflexion). Prévoir un apport personnel minima aux fonds propres.
  
Statut juridique  : je suis moi-même en entreprise individuelle agricole, pour l'instant cotisant solidaire.

Estimation des besoins humains : 1,5 Unité de Travail Annuel fixée au départ (dont 0.5 UTA à ma charge)

Revenus distribués en fonction de l'investissement de départ, du temps passé à quatre pattes, de la répartition des tâches (production/gestion) : tous ces points restent à préciser.

Possibilité d'hébergement dans les premiers temps, à déterminer (visites des enfants). Pas de loyer à payer mais participation aux charges (nourriture,...).

Démarrage des chantiers de défrichement : été 2016 (8000 m2 déjà défrichés). Travaux de préparation du sol et élaboration des techniques de culture réalisés (exemple : butte). Mise en place des premières cultures réalisées (fèves, fraises, oignons, bettes, épinards, pdt, pois, courgettes, poivrons, tomates, carottes, radis, salades,...) sans oublier les fleurs.

Prospection pour les débouchés : juin 2017. Paniers pour les particuliers (déjà une dizaine de personnes intéressées) et restaurateurs

Choix en conscience de ne pas produire des hybrides.

Prévisionnel système viable : 2 à 3 ans 

Mes diplômes : BTA généraliste, BTS technico-commercial option : produits carnés, BEPA adulte conduite d'élevage ovin.

Possibilité d'une aide de la région Bretagne pour les + de 40 ans, avec BTA et installé(e) à titre principal(e)

Points à régler : accès à l'eau (en place 2 cuves de 1000 L chacune, implantation d'un tunnel,...

Contact : 09 52 38 21 19 ou disentus@gmail.com

David Derrien ou dédé l'Abeillaud


Avant


Après










vendredi 1 juillet 2016

L'ophrys fantasmatique

Dans les viscères obscurs du sol, au milieu de l’agrégat de boyaux microscopiques, uniquement fissurés par le silence du schiste, croît une occlusion tuberculeuse, pareille à deux testicules, l’orchis, ou de façon plus raffinée appelée l’orchidée.
Voici donc que l’une des espèces les plus évoluées du monde floral se voit engourdie du genre masculin qui calamine son aura fantasmagorique. Étrange attribut que celui de bouffir une beauté absolue par un insignifiant sac génital, ballotté par des croyances qui lui confèrent des vertus bien trop précieuses de fertilité. Il en faut une dose d’abnégation pour expulser de ces bulbes androgènes la magnificence d’une tige accrescente, dès l’aurore gonflée de ferveur. Dociles, les buissons mellifères et les quelques arbustes hybrides, abrutis par les bons soins promis aux pelouses acryliques, se sont écartés pour que s’éventre, dans l’allégorie des croûtes, cette grossesse craquelée aux forceps végétalisé.
A sa base, pour dégriffer ces globules régénérant, se pose un geyser de feuilles à la forme de langues languides. A moins que la pudeur n'exige un semblant de diplomatie pour tresser, devant l’indécente virilité, à la fois courroucée et calfeutrée, une culotte caulinaire.
Déjà, à ce stade, l’instinct d’émancipation du cloaque coagulé d’un coït issu de grumeaux grenus agit comme un spermicide, car le subterfuge de mimétisme de l’orchidée abeille, dès lors systémique, se dresse sans vergogne, pour bourdonner à son sommet des bourgeons d’eucères. L’ophrys apifera peut alors disséminer cette duperie dans une inflorescence orgasmique, graduée d’autant d’orgie que de bourdons bernés par l’originalité de cette contrefaçon sexuée.
Qu’en est-il vraiment ? En soupirant, l’ophrys déploie son berceau voilé de sépales rose-pourpre et sa nasse en labelle dont deux aisselles latérales, au soutien en gibbosité, gorgées de poils tactiles. Le lobe médian, lui, fanfaronne dans la candeur ponctuée de jaunes éteints et de marrons cramoisis. Ainsi pourvue, l’orchidée s’affuble d’une toilette féline, à l’affût du moindre dépourvu. Quant au gynostème, sa coiffe en alcôve attache une vague où se noient démêlés les pollinies et le stigmate qui s’effleurent à peine.  
Au fond, a-t-on bien agité les coupelles du surnaturel ?  A-t-on apprivoisé la connaissance à quelques cendres de certitudes ? Car l’assemblage fantasmatique de la capsule se frotte à la vision d’un être spatial, moitié animal, moitié végétal.
Grâce à la mutation sempiternelle de ses gènes, maintes fois combinés,  le leurre de l’orchidée est presque parfait. La fascination du bourdon pour cet extravagant alliage s’égare dans l’hypnotique opulence des odeurs aphrodisiaques, maintenant qu’il s’approche. La secousse frénétique de l’insecte, agrippé à l'ongle incarné par Eros, segmente le léger filament des pollinies, larguant les nombreuses facettes fécondes. Exclues de l’étroitesse des orbites capitonnés du dulcicole, elles prolongeront l’énigmatique facétie de tromper l’œil hagard du visiteur.